‹ Johannès BrahmsChapitre 14 sur 39 · FA . = E · texte numérisé non relu

FA . = E

tracter avec lui une liaison qui ne prit fin qu’à la mort du maître.

Les écrits d’un homme de la valeur d'Hanslick ne doivent pas être-négligés. Il a surpris Brahms, sinon dans le premier jet, mais dans la maturité de son talent. Lorsque le maître arriva pour la première fois à Vienne, il avait vingtneuf ans : c'était l'heure féconde de production, à laquelle le critique assista. Plus que personne, il fut donc à même d'étudier, de comprendre un esprit qui se révélait alors dans sa splendeur. De plus, il connut l’homme en toute intimité, ce qui lui permit de juger l’œuvre sans la séparer de son auteur. Aussi croyons-nous absolument nécessaire de reproduire 1ci les lignes qu'Hanslick consacra dans ses « Souvenirs » à l’auteur du Reguiem allemand :

« Lorsque Brahms vint à Vienne, ses compositions n’y étaient encore connues que d’un petit nombre ; le grand public connaissait de lui seulement la recommandation prophétique qu'en avait faite Schumann. Ses premières pièces de piano m'avaient fort intéressé par ‘leur audace et leur habileté harmoniques, mais plutôt intéressé que satisfait. Il m'apparaissait comme un jeune Hercule au croisement de deux routes. Allait-il tourner à gauche, vers l'extrême romantisme, vers la musique sans règles et sans retenue, ou bien à droite, pour marcher dans le chemin de nos classiques ?. On sait qu’il a fort heureusement choisi ce dernier parti; et, dès 1862, il me suffit d'entendre son Quatuor de piano en so! mineur et son Sexiuor en ré pour reconnaître là un maître de style classique. Il nous fit entendre son Sexfuor, le soir même du Jour où nous avions écouté des fragments de Trestan et de Anneau de Nibelung : nous eûmes l’impression d’être soudain transportés

en un monde infiniment pur, plein d’une sereine beauté.

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