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liste des musiciens d'aujourd'hui. Le frère du défunt, M. Albert Imbert, fin connaisseur en musique et violoncelliste distingué, a bien voulu me charger de présenter ce volume au publhc.
J'avoue que la tâche m'embarrasse un peu, car,si j admire Brahms par endroits, je ne suis pas, comme notre regretté ami, un converti de sa musique, et mon initiation insuffisante ne saurait prononcer Sur lur un jugement définitif. Je me contenterai donc de noter quelques-unes des impressions que me firent ses œuvres. Ce que mon appréciation aura de Subjectif et d’incomplet fera comprendre d'autant mieux tout le prix du livre de Hugues Imbert, qui éclaire Le maître par tous les côtés et à fond.
J'appris à connaître Brahms, il ya des années, par ses
Lieder, qui sont peut-être les plus brillants soyaux de son :
œuvre. La voix charmante d’une femme, musicienne dans l'âme et artiste dans toutes ses fibres, me les chantait fréquemment et m'en détaillait les beautés secrètes, multiples et chatoyantes. Il y avait là, sous une forme sévère et toujours chaste, de la profondeur et du rêve, de hautes envolées, une noblesse parfaite avec une fréquente aspiration à la majesté, une poésie subtile, enfin des nouveautés rares dans les harmonres et les contrastes savants de la voix et de l’accompagnement. On y reconnaît le disciple de Schumann, mas un disciple indépendant génial et novateur. Pourtant, faut-il l'avouer, jamais je n’éprouvais, à l'audition d'un hed de Brahms, cette émotion spontanée et poignante que nous donne si souvent l’auteur de Amour de Poète ei de Amour et Vie de la Femme. L'âme suivait à distance l’esprit ébloui. Le cerveau vibrait ; le cœur n'était qu’effleuré. C'était un art plus intellectuel qu'émotionnel, mais, après tout, un art comme un autre.