‹ Johannès Brahms, sa vie et son œuvreChapitre 28 sur 50 · I.'(EUVRE · texte numérisé non relu

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dant le genre gracieux de la sérénade, Brahms ait voulu faire un retour vers le passé. La belle ordonnance, la remarquable simplicité, la douce sonorité, la grâce aimable qui sont la caractéristique de ses deux premières créations orchestrales, en lesquelles se dévoilent toutefois des formes et harmonies à lui très particulières, ont un air de parenté avec certaines pages de Mozart ou • avec les premières œuvres de Beethoven.

La première sérénade en rè majeur, pour grand orchestre, débute par un Allegro molto, dont le thème gai et gracieux a quelque chose de pastoral ; les développements en sont intéressants, et l'emploi des rythmes binaire et ternaire de certains traits qu'affectionnait notre auteur, s'y fait déjà remarquer. C'est ainsi qu'à la reprise du motif, on distingue la septième mineure, rappelant la modulation naturelle et, avec elle, la tonalité de la sous-dominante. La conclusion s'épanouit en un diminuendo progressif dont l'effet est délicieux. Le scherzo à 3/4, joyau des plus fins, en sa forme gracieuse, mélancolique, balancée, et le Trio^ foco piu animato, avec ses exquises harmonies et modulations,sont comme un écho des «Valses chantées ». Ce serait à Beethoven qu'il faudrait songer en écoutant le bel Adagio non troppo, avec son premier motif en forme de marche. Ravissants et très personnels sont les deux Menuets et le Scherzo qui suivent: c'est comme un appel de cor qui résonne dans les hviit mesures du Trio. Enfin, le Rondo finale à 2/4 évoquerait encore d'une façon plus marquée le souvenir d'un épisode de chasse.

De grâce aussi naïve est la Seconde Sérénade en la (op. 16), divisée en cinq parties et écrite pour petit orchestre «ans violons. Le motif initial en succession de quintes de

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V Allegro moderato est d'une adorable simplicité ; le second thème compose de noires pointées suivies d'une double croche est vraiment charmant. Puis se présentent le Scherzo, très classique, respirant la joie, suivi du Trio très curieux avec la pédale persistante à!uty V Adagio, émouvant en sa tristesse de marche funèbre, le menuet et son Trio, formant contraste, enfin le Rondo où déborde la mélodie.

Brahms a composé quatre symphonies: la première en ui mineur (1877), op. 68, la seconde en ré majeur (1878), ^P- 7Zy 13- troisième en fa majeur (1884), op. 90, et la quatrième en mi mineur (i886),op.98 (i). Il était âgé de qua~ rante-quatre ans, c'est-à-dire en pleine maturité de son talent, lorsqu'il acheva la Première symphonie en ut mineur De très âpres dissonances se perçoivent dès. le début de l'introduction d'un mouvement lent à 6/8,où les thèmes deviendront ceux de V Allegro principal. Brahms qui, dans la plupart de ^es compositions de musique de chambre,a exposé toujours des idées de grande limpidité, en a usé autrement avec cette première symphonie. Le motif chromatique, confié aux violons, a une importance toute particulière, puisqu'il sert de base à la première partie de la symphonie et qu'il se retrouve même dans les mouvements subséquents. Tous les développements sont de la plus parfaite logique : la reprise du thème principal est grandiose, et la conclusion, poco sostenuto, avec ses pianos et pizzicati des cordes, a un caractère élégiaque. U Adagio s'impose de suite par son chant large et simple ; la délicieuse mélodie, esquissée en second lieu par le hautbois , reprise à la fin par le violon solo et le cor, s'éteint en un idéal pianissimo. Captivante berceuse est V Allegretto gracioso, dont le motif initial est confié aux clarinettes, sou-

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