XV. Les grandes compositions vocai^es : I^E requiem
AI,I,EMAND — RlNAl^DO — NAENIE — ChANT DES
PARQUES — Les vai^ses chantées.
Cest en parcourant, après les compositions orchestrales, les belles œuvres écrites par Johannès Brahms, pour soli, chœur et orchestre que se vérifie la justesse de l'observation de Schumann, lorsqu'il avançait que le jeune artiste cueillerait de nombreux lauriers le jour, où il ferait intervenir les masses chorales. Dans le cycle de ses créations, où l'ensemble des soli et des chœurs vient renforcer l'orchestre, il faut placer en première ligne le Requiem allemand, Rinaldo, les Chants du destin, le Triumphlied, Naenie et le Chant des Parques, d'après Gœthe.
Robert Schumann, qui n'était pas un religieux, dans l'acception la plus complète que comporte le mot, et qui estimait que la Bible, Shakespeare et Gœthe étaient suffisants, lorsqu'on s'était bien pénétré de leurs maximes, écrivait, le 13 janvier 1852, à son ami Strackerjean : « Consacrer des inspirations à la musique religieuse devrait être le but le plus élevé de l'artiste. Mais, pendant la jeunesse, notre cœur a des racines trop profondes dans les joies et les souffrances terrestres ; c'est seulement à l'âge mûr que les rameaux peuvent s'élever vers le ciel. C'est pourquoi je pense que ce temps viendra pour moi. » Il composa en effet, en 1852, c'est-à-dire quatre ans avant sa mort, une Messe et un Requiem. Brahms, lui, n'attendit pas l'âge