‹ John Constable d'après les souvenirsChapitre 51 sur 77 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

iR Thomas Lawrence est mort, mon cher Leslie; je viens d'en recevoir 1 ' affligeante nouvelle. Ce triste accident a eu lieu hier soir à la suite d'une inflammation interne.

Je n'ai pu m'empécher de vous l'écrire; à la suite de cela le conseil est convoqué. 8 janvier. »

Constablie, quoique toujours en termes amicaux avec Sir Thomas Lawrence, n'avait jamais été très intime avec lui, mais il ressentit en commun avec tous les artistes du royaume la grandeur de la perte d'un peintre aussi éminenl, d'une manière qui paraissait tellement soudaine, au moment où étant dans sa soixante-cinquième année, il poursuivait son art avec toute l'énergie de la jeunesse, et alors que bien loin en vérité de manifester aucune diminution de sa force, il semblait être en progrès sur luimême. Cela, je crois, fut reconnu par tous ceux qui eurent

l'occasion de voir le portrait, à peine terminé, mais très beau, du comte d'Aberdeen, à l'exposition de l'Académie qui suivit la mort de son président.

Quand on vendit le matériel d'artiste de Sir Thomas, Constable acheta une palette qui avait appartenu à Reynolds, lequel l'avait donnée à Sir George Beaumont, qui en fit cadeau à Lawrence. 11 offrit à l'Académie cette intéressante relique, qui portait son histoire gravée sur une plaque d'argent

« 31 janvier. Mon cher Leslie, J'espère que vous êtes mieux de votre mal de dents. C'est chez moi une vraie maladie chaque fois que je suis visité de la sorte. Ça a été un grand désappointement pour nous tous de ne pas vous voir ainsi que M'"" Leslie. Mes petites filles avaient mis les petits plats dans les grands. Ma chère Maria avait répété ses pas et sa musique toute la journée pour pouvoir paraître avantageusement. Tous mes garçons étaient sur leur trente et un, et avaient laissé débarrasser le salon complètement de nombreux bateaux, châteaux-forts, livres, briques, dessins, etc., etc. Je vous ai manqué en allant à la Galerie où j'avais invité Newton et Landseer pour se trouver avec vous, et qui ne vinrent ni l'un ni l'autre, quoique, comme je les range parmi la noblesse dont ils ont adopté les habitudes, j'aie veillé jusqu'à minuit pour les attendre. N'ayant pas de /are^rue moi-même, j'en avais commandé une, avec deux délicieuses volailles pour vous, et j'avais sorti nos deux meilleurs candélabres d'argent pour votre sœur. Ma gentille Minna avait préparé un petit cadeau pour ma filleule ; et, pour vous prouver ainsi qu'à M"^ Leslie que, bien que notre désappointement ait été cruel, nous ne sommes pas fâchés, elle se permet de vous les envoyer cet après-midi. »

« Charlotte Street, 26 février. Cher Lucas, Je désire bien vous voir, pour parler davantage des planches.

D'abord, je voudrais savoir à quel point en est le Soir et le Stoke retouché. Je n'ai pas le désir de devenir le possesseur de la grande planche du Château (l), mais je désire qu'elle soit belle et je me donnerai toute la peine qu'il faudra pour cela. Il ne peut manquer d'en être ainsi, à en juger par ce que j'ai vu. Je me suis donné beaucoup de mal pour la dernière épreuve de Campagne d'été mais je crains d'être forcé de la rejeter. Il n'a jamais réparé son premier accroc, et le ciel avec le nouveau terrain est et sera toujours détestable. Vos premières planches sont celles que j'aime le mieux, de beaucoup ; mais je mets beaucoup cela sur le compte des troubles que vous ont causés depuis ces démons, les imprimeurs, et d'autres affaires non en harmonie avec le patient labeur qui doit toujours gouverner nos habitudes à tous deux. Ne négligez pas le Bois (2), car j'ai presque besoin du tableau. Apportez-moi un autre grand Château ou deux, ou trois, car il est fort beau, quoiqu'il fasse l'effet que tous les ramoneurs de la chrétienté y aient travaillé et qu'ils aient jeté en l'air leurs sacs de suie. Cependant tout le monde l'aime ; mais je dois me souvenir que personne, en dehors de mes amis, ne voit mes choses ; je ne doute pas que le monde ne les méprise. Venez de bonne heure demain soir, apportez ce que vous pourrez, et rendez-moi compte de ce qui suivra; je suis nerveux et inquiet au sujet des planches. J'ai rendu le Moulin en hauteur absolument parfait. Je voudrais que l'album se composât de huit planches ; dites, je vous prie, au dessinateur du titre de ne pas terminer son esquisse ; j'en ai fait une autre. »

La gravure du Soir, l'un des plus beaux de ses petits tableaux, est la moins réussie de toutes les planches de

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