A cause de sa mauvaise santé
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vera une grande partie ajoutée à ce que j'ai pu conserver de celles qu'il donna à Londres (1). Je me rappelle que le ciel était splendide le jour où il la prononça, et comme je traversais, vers le soir, la campagne du West End en me rendant à Hampstead,je m'arrêtai à plusieurs reprises pom* admirer ses combinaisons splendides et leurs effets sur le paysage, et Constable ne manqua pas de parler dans sa conférence des spectacles du jour.
M. Lucas travaillait alors à sa grande planche de la Cathédrale de Salisbury vue des Prairies, que Constable l'avait chargé d'entreprendre, et c'est de celle-là qu'il parle dans le billet suivant : < 30 juin. Cher Lucas, Je serais heureux que vous me laissiez la planche ici pour un jour ou deux. Leslie est tellement frappé de l'épreuve qu'il donnerait n'importe quelle somme pour en avoir une ; et moi de même, et je donnerais n'importe quoi pour en avoir au moins deux. Voyez-vous un inconvénient à en tirer un petit nombre, cinq ou six ? Gela abîmerait-il la planche ? Je sais que vous n'aimez pas faire cela, mais je paierais volontiers tous les frais. Jamais elle ne pourra et elle ne sera plus admirable qu'elle n'est maintenant : elle
1. « Il est fait allusion à la seconde conférencj à linmpstead dans une lettre à Bonner en date du 26 juin 1835 : « J'ai donné une autre conférence lundi dernier, le 22, à la demande de M. Holford et du comité. Gela s'est passé admirablement bien. Je na me suis pas troublé un seul instant et je n'ai consulté mes notes que de temps on temps. J'ai parlé d'abondance en disant ce que j'avais à dire pendant une heure et demie, et j'ai été « neuf, instructif et intéressant » comme me l'ont dit ces messieurs du comité, MM. B,.., H... et L. De sorte que cela a plu extrêmement. Je sais maintenant exactement ce que j'aurais à faire à VVorcester. M. G. Young- était là et m'a dit que j'avais beaucoup de dispositions pour faire un conférencier. II m'a donné quelques leçons et continuera ses conseils. Il m'a dit que j'avais la chose principale -^ que je savais dominer mon auditoire. > Lord Wi.ndsor, loc. cit.
l'est prodigieusement. Vous serez amplement dédommagé de cette faveur. Je pense vraiment que quand les grandes seront toutes finies, ce sera bien de laisser reposer votre main pour ce qui est de mes ouvrages, et de vous arrêter quelque temps ; et si vous entrepreniez un portrait ou quelque chose de ce genre, cela serait peut-être sage, de peur que cette branche de l'art ne vous lut fermée, et que si vous formiez une liaison suivie, cette voie vous fût coupée. Je voulais vous dire tout cela hier, mais vous avez profité de la lumière et de l'ombre de Rembrandt, et nous nous sommes perdus. »
M. Lucas s'était séparé de Constable au milieu d'une salle d'exposition pleine de monde, consacrée aux dessins de Rembrandt, qui faisaient partie de la collection Lawrence.
« A M. George Constable. 35, Charlotte Street, 2 juillet.
Mon pauvre petit John et moi soupirons après un peu
d'air nouveau. Il est parti à Hampstead pour en prendre une gorgée, me faisant promettre en me quittant que je vous écrirai ce soir, pour dire que si cela vous convient à vous et à M^^ Constable, lui et moi irons chez vous mardi pour y passer quelques jours, et que si vous le voulez bien, j'amènerai avec moi ma fille aînée. Il me tarde de me retrouver parmi vos saules, dans vos allées et vos bois suspendus aux coteaux, parmi vos livres sur les antiquités et jouissant de votre société comme auparavant, sans réserve, sans contrainte, ni froideur, ni formalisme. Je suis très fatigué par une longue et dure campagne d'hiver et de printemps, bien qu'elle ait été heureuse. J'ai donné ma conférence à Hampstead il y a lundi huit jours, et je l'ai faite beaucoup mieux cette fois ; le comité m'a remercié, j'ai parlé tout le temps sur le ton de la conversation ; mais tout cela m'use, et pour couronner le tout, j'ai été amené au poteau devant un tribunal
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de justice, car elle a justifié son appellation dans ce cas, pour déposer au sujet d'un Claude Lorrain. »
« A M. George Gonstable, 3 août. J'ai été très fâché contre moi de ne pas vous avoir écrit il y a longtemps déjà ; mais je suis douloureusement tourmenté par divers sujets qui jour par jour dévorent mon temps. Je suis allé à Kingston avec Maria, et je viens de la ramener à la pension ; et maintenant que tous mes petits garçons et mes filles sont en sûreté à Técole, je commence à respirer, et à me souvenir qu'il y a une semaine ou deux j'étais à Arundel, passant un temps absolument délicieux avec mes chers amis, et au milieu d'un paysage absolument divin ; ou bien cela a-t-il été un rêve? Car cela me semble en être un... Je n'ai aucune nouvelle, si ce n'est que l'exposition a été un succès. Mais les attaques contre l'Académie Royale ont commencé : un M. Foggo a écrit une brochure, et un comité à la Chambre des Communes est en train de faire une enquête sur nos affaires. Je crois bien que le pays, ignorant et ingrat comme il l'est dans toutes les choses artistiques, ne mérite pas d'avoir l'Académie. Mon tableau est dans mon atelier ; il va partir pour sa destination, la grande maison de M. Vernon dans Pall Mail. »
Les pensées et les désirs du second fils de Constable, Charles, s'étaient, depuis l'enfance, tourné vers la mer ; il semblait vraiment être né marin comme son père était né peintre. Cela coûta à Constable beaucoup d'angoisses pour vaincre sa répugnance à accepter une semblable destinée pour son garçon, mais il s'aperçut qu'il était inutile d'y résister, et le confia au soin du capitaine Hopkins, du Buckinghamshire, navire des Indes Orientales.
« Cher Leslie, Je vous envoie une épreuve du grand Salisbury dans sa première grandeur. Mon pauvre Charles n'a plus maintenant que bien peu de temps à passer
sur la terre du bien-être. Le bateau part cette semaine et la maison est depuis longtemps sens dessus dessous pour préparer son trousseau. Il a besoin d'un tas de choses. Que dirait Diogène de tout cet étalage de pantalons, vestes, etc., par douzaines, de chemises bleues et blanches par vingtaines, et une provision de corde pour son hamac, car il s'attend à ce qu'on coupe souvent la corde ! — Pauvre cher enfant ! Je m'efforce de plaisanter à son sujet, mais j'ai le cœur brisé de me séparer de lui. »
« A M. George Gonstable. Charlotte Street, 12 septembre J'ai eu, comme vous pouvez le supposer, un
moment de grande anxiété et d'occupation avec Charles. J'ai fait tout de mon mieux, et je regrette tout ce que j'ai fait, quand je songe que cela a été pour me priver de ce garçon exceptionnellement doué qui se serait distingué dans ma profession (1), et qui est maintenant condamné à errer sur la mer impitoyable. C'est une existence triste et misérable, mais il semble taillé pour faire un marin. S'il plaît aux officiers et s'il s'attache au navire, cela sera plus avantageux pour lui que d'être dans la marine de guerre, — une odieuse tyrannie, où on meurt de faim pardessus le marché Au milieu de mes ennuis j'ai fait
un portrait, et terminé et vendu ma petite Lande. M. Vernon m'a payé heureusement, car cela m'a coûté cinq mille francs pour équiper Charles. Mes tableaux sont revenus de Worcester (2) ; je voudrais pouvoir me dispenser d'aller
1. Charles Gonstable dessinait et gravait à leau-forte superbement pour un si jeune praticien.
2. « L'exposition de tableaux de 1834 à Worcester eut assez de succès pour être suivie d'une autre l'été suivant, où Gonstable était représenté par cinq tableaux. » (Entre autres Le Champ de blé. Vallée de lu Stoiir, matin, Un moulin à eau, sur lesquels Lord Windsor reproduit une critique du Berrow's Worcester Journal, du 23 juillet 1835.) Lord Windsor, lac. cit.
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là faire une conférence, spécialement parce que C... a débité un tas de niaiseries dans le journal de Worcester sous le nom de Lorenzo ; pas de confusion possible avec le Lorenzo de Médicis ; mais c'es^ sur l'art idéal, ce qui
dans le paysage est une pure absurdité Sir Joshua
lui-même n'est pas absolument clair sur ce point. »
« Charlotte Street, H septembre. Mon cher Leslie, Il a fallu que je sois presque entièrement absorbé à la maison par mon pauvre Charles, et diverses autres affaires, pour avoir tant tardé à vous écrire. J'ai reçu plusieurs lettres de Charles de son bateau, et enfin une dernière au large de Start Point, au moment où le bateau a quitté la terre. C'est un vrai marin, et il est décidé à combattre toutes les difficultés, dans les temps calmes ou les orages, avec une sérénité d'esprit qui m'appartient peu à moi, un terrien. Ils ont eu une rude besogne jusqu'ici. Il dit que le capitaine Hopkinsest un homme charmant. ... Le pauvre Charles s'est suspendu à mon cou quand je l'ai quitté; Roberts et Alfred étaient avec moi; il a demandé à ce que je reste sur le navire jusqu'au lendemain, mais je savais qu'il fallait nous séparer, ainsi nous nous sommes serré la main, et je ne l'ai plus revu. C'est un superbe navire. . . . John est de retour de France, très content et
se portant merveilleusement bien J'ai fait un très
beau dessin de Stone Henge ; j'ose employer une telle expression avec vous Il faut que j'aille à Worcester, ou bien on pensera que je suis un pauvre hère et un charlatan. Mon tableau m'est revenu ; on me dit que c'est moi qui ai eu les honneurs. John m'annonce que Lord Egremont a tué trois couples de perdrix et un lièvre le l^' septembre ; c'est merveilleux à son âge. »
« A M. J. J. Chalon, 29 octobre. Je regrette beaucoup de ne vous avoir pas vu hier soir, mais je désire beaucoup vous voir de jour, car j'ai été très occupé avec le tableau
de M. Vernon. Il semble avoir extrêmement gagné à être huilé, retouché, poli, gratté, etc. Le « grésil » et la « neige » ont disparu, laissant à la place de l'argent, de l'ivoire et un peu d'or. Je voudrais que vous puissiez passer à la maison, car il partira sous peu. ...»
« A M. George Constable. 11 novembre Je ne
pense pas couvrir beaucoup de toile cette année. Il sera préférable pour moi de faire des tableaux de petite dimension, et d'en faire plus, ce qui conviendra à la bourse de mes amis, bien que je sois trop avancé en âge pour que je pense devenir jamais un peintre populaire. En outre la connaissance du monde, et j'en ai peu, fait plus avancer dans cette voie que la connaissance de l'art. »
« l" décembre. Mon cher Leslie, Voulez-vous avoir la bonté d'entrer chez moi en passant demain, pour que nous allions ensemble à l'Académie, et cela me donnera une bonne occasion de vous demander de voir le tableau de M. Vernon au jour. Je ne m'étonne pas que vous travailliez tant au même tableau, maintenant que je vois ce qu'on peut faire par là. Je désire par-dessus toutes choses que vous le voyiez maintenant, car il m'a prouvé ce dont mon art est capable quand je peux lui accorder le temps suffisant pour le mener à bonne fin. »
« A M. William Carpenter. Cher Monsieur, Recevez mes meilleurs remercîments pour le livre de James, L'jE'co/e Italienne, que je vous renvoie. Le Dictionnaire est une œuvre de beaucoup de valeur, mais en y. faisant des recherches, je rencontre parfois des erreurs ; et comment en serait-il autrement, quand les sources d'où sont tirés les renseignements sont si souvent erronées? Je ne manquerai pas néanmoins de prendre en note celles que je rencontrerai pour vous les soumettre. Je n'ai pas encore retrouvé mon étude sur Ruysdael, mais je puis toujours l'écrire
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pour vous, et de mieux en mieux (1). Je n'ai pas cessé un moment depuis que je vous ai vu de travailler au tableau de M. Vernon ; il est à présent chez lui à Pall Mail, mais on doit me le rapporter pour que je lui dise « encore un dernier mot ». Ma bibliothèque de peintre devient fort importante. ...»
« A M. George Constable. Charlotte Street, 16 décembre John et moi sommes invités à faire le dîner de
Noël à Bergholt dans ma famille. Nous quitterons la ville le 24, et resterons une semaine ; dans la seconde semaine de janvier, par conséquent, nous vous attendrons. Pouvezvous apporter avec vous le petit Gainsborough et l'esquisse que j'ai faite de votre Moulin ? John voudrait que j'en fasse un tableau. J'ai fait une belle excursion à Worcester et je m'en suis très bien tiré de mon prêche ; vous verrez mes affiches, et comme elles sont bien disposées. Je voudrais écrire un livre, mais je me rappelle le dicton : « 0 cet ennemi de moi qui voudrait écrire un livre !»....»
1. Je regrette de dire que cette étude n'a pas été retrouvée dans ses papiers.