‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 110 sur 321 · La Bruyère. De la Cour · texte numérisé non relu

La Bruyère. De la Cour

4. Feuillerat, Documents relating to the Office of the Revels (Eliz.), 245.

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comptait depuis près de dix anst. George Buck était le neveu de Tyllney, le Master of the Revels d'alors ; et Tyllney était apparenté à la famille des Howards. Lyly devait donc vraisemblablement cette déception aux bons offices des Howards?, qui ne lui pardonnèrent jamais d'avoir été protégé par leur vieil ennemi, le Comte d'Oxford, et peut-être aussi d'être resté fidèle aux Cecils, contre lesquels ils intriguaient au profit d'Essex 3. Car on élait alors au plus fort de la lutte entre Sir Robert Cecil et le Comte d'Essex. La Cour était partagée entre leurs deux partis #, et la vie y était faite de leurs victoires et de leurs échecs. Aujourd'hui, c'était Essex qui, par son irrésistible séduction, faisait brèche dans le cœur de la reine, et 1l était tout-puissant. Mais le lendemain, on pouvait voir Robert le Diable5, une liasse de papiers sous le bras, traverser avec un sourire malin les antichambres royales : ce jour-là on savait que les affaires d’'Essex allaient mal. Tous les solliciteurs se trouvaient, bon gré mal gré, enrôlés dans l’un ou l’autre des deux partis; l’animosité était telle que l’on voyait parfois le chef de l’une des factions intri-

1. Appendice A, xlvi. Buck ne semble pas avoir obtenu de lettres patentes à cette occasion, car lorsque Jacques monta sur le trône, le poste de Master of the Revels fut donné en survivance à Tyllney et à un certain Edward Glascock (Signet Office, Docquets. May 1603). Buck parvint cependant à établir ses droits puisque, trois semaines plus tard, il obtint un privy seal lui accordant le poste après la mort de Tyllney (Signet Office, Docquets. June 1603).

2, Chalmers a dit: « John Lylly, the dramatist, had solicited for a reversionary grant of it, though without success ; because he was opposed by all the Howards » (Apology for the Believers, etc., 488). Les italiques sont de Chalmers, ce qui indique qu'il citait un document ; mais ce document, je n'ai pu le retrouver.

3. Voir à ce sujet une lettre de Lord Henry Howard à Essex (Additional Mss. 4191, 155), citée par Abbott, Bacon and Essex, 65. Cf. Wotton, Reliquiae Wottonianae, 169.

4. « Now there were in Court two names of Power, and almost of Faction; the Essexian, and the Cecilian, with their adherents » (Wotton, Reliquiae Wottonianae, 168).

5, C’est le surnom que Antonio Perez donnait à Cecil (Cf. lettre d’Anthony Bacon, dans Birch, Memoirs of the Reign of Queen Elizabeth, I, 359).

guer contre un de ses propres adhérents, parce que le chef de la faction opposée avait joué au postulant le mauvais tour de le prendre sous sa protection 1. Lyly, par son attachement de près de vingt ans à la famille de Burghley, était tout désigné à la haine des Essexiens; il venait d'être pris entre ces ambilions opposées, et avait expié par un insuccès le tort d'avoir été trop fidèle à ses protecteurs. C'était un coup dont l'injustice était bien faite pour exaspérer ; et Lyly s'en plaignit assez amèrement à celui qui était la cause indirecte de ce désappointement « J'espère », écrivit-il à Robert Cecil, « que l’on ne me traitera pas pis qu'un vieux cheval à qui l'on enlève ses fers quand il a suffisamment servi et que l’on lâche dans un pâturage. Je veux fondre mon esprit en un nouveau moule, et faire passer le cours d’eau par une écluse contraire, car Je m'aperçois que c'est folie d'avoir encore un pied sur la scène quand l’autre est dans la tombe ? ». Pourtant l'espérance était encore vivace en lui. Même le plus léger sourire de la reine, on le sent, ferait de nouveau endosser le harnais à ce courtisan impénitent. « Si Sa Majesté », ajoute-t-il, « par pitié pour ma situation et en souvenir de ses gracieuses promesses, veut m'accorder seulement la moindre espérance de faveur sur le déclin de mes années, Je Jetterai ma dépouille comme le serpent, je changerai de bec comme l'aigle, et, renouvelant le temps passé en le reparcourant, je ferai revivre mes esprits en les . dépensant ». Il supplie Robert Cecil de lui venir en aide dans cette infortune et de le conseiller #. En même temps, il cherche une occasion de faire parvenir ses plaintes jusqu'à la reine. Henry Lok, un de ses amis, comme lui pro-

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