‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 114 sur 321 · Euphues and Atheos ». Cf., plus haut, p · texte numérisé non relu

Euphues and Atheos ». Cf., plus haut, p

différentes de la critique. L'une est un récit et ce sont les qualités du conteur que nous devrons juger ; l’autre se compose de dissertations et ce sont les idées de l’auteur qui importeront avant tout. Dans ces conditions, vouloir porter une appréciation d'ensemble sur cette œuvre complexe serait se condamner à un échec certain, car une pareille appréciation devrait nécessairement négliger l’une ou l'autre de ces parties hétérogènes. Mieux vaut donc dissocier les deux éléments composants pour les examiner séparément.

Nous commencerons par la partie didactique. Bien qu'aux yeux de l’auteur elle ait été la substance précieuse et la raison d’être du livret, c’est, des deux parties de l’'Anatomy of Wit, celle qui, du point de vue moderne, est la moins intéressante. Car bien déçu serait le lecteur qui espérerait y trouver des idées neuves et pouvant le renseigner en quelque manière sur la valeur de la pensée lylienne. Dans ces traités où l’auteur semble avoir enfoui les trésors de sa sagesse et de son expérience, il n’y a peut-être pas vingt pages qui soient originales. Le reste a été dérobé à des œuvres antiques; les Grecs, les Latins, la Bible ? ont été pillés systématiquement, et ont fourni les idées, le développement et jusqu’à l'expression. En sorte que toute étude de cette partie, quoi qu'on en ait, est forcément rabaissée à une énumération de sources.

1. C’est presque avec un sentiment de honte que Lyly s'excuse d’avoir été obligé de peindre les folies d’Euphues ; et il promet, comme dédommagement, les sages discours contenus dans son livre : « If then the first sight of Euphues, shal seeme to light to be read of the wise, or too foolish to be regarded of the learned, they ought not to impute it to the iniquitie of the author, but to the necessitie of the history. Euphues beginneth with loue as allured by wyt, but endeth not with lust as bereft of wisedome.. And certes I thinke ther be mo speaches which for grauitie wil mislyke the foolish, then vnsemely termes which for vanitie may offend the wise » (Works, I, 180).

2. C’est surtout dans l’ « Euphues and Atheos » que la Bible à été mise à contribution.

Cette étude vaut pourtant la peine d’être faite. Elle n’est nullement ennuyeuse, car il n’y a pas la moindre monotonie dans la façon dont Lyly s’est livré à son travail de compilation. On dirait même qu'il s'est donné pour tâche de nous fournir un spécimen des différents modes d’adaptation ou de traduction. Il y a d’abord ce que l’on peut considérer comme de simples réminiscences, la lettre d'Euphues à Philautus sur la vie de court, par exemple, ou la lettre à Eubulus sur la mort de sa fille?. Limitation réside ici dans le fait d'avoir traité à nouveau des sujets qui étaient des lieux communs des littératures grecque et latine 3. Mais il est impossible de dire si Lyly s’est inspiré

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