‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 123 sur 321 · Cf. page 60, note · texte numérisé non relu

Cf. page 60, note

Ce n'est pas tout. Lyly a aussi analysé les sentiments de ses principaux personnages et noté le retentissement que pouvaient avoir dans leur cœur ou leur conscience les passions dont ils étaient agités. Ceci a besom d'être expliqué avec quelques détails ; car, chose curieuse, les passages qui contiennent ces analyses psychologiques n'ont généralement été relevés que pour être tournés en ridiculet. Je veux parler de ces entretiens avec eux-mêmes où se réfugient les personnages à la moindre alerte de leurs passions, et dans lesquels ils pèsent et repèsent longuement leurs actions, tournent et retournent le pour et le contre des choses, épient et dosent les mouvements de leur cœur ?. Ces examens de conscience traînent pendant des pages, et il est facile de faire de l’esprit sur leur prolixité. Mais si nous étudions attentivement un de ces passages. après avoir allégé le style de sa rhétorique vieillotte et de ses comparaisons surabondantes, nous serons tout étonnés de découvrir des observations d’une minutie et d’une finesse vraiment remarquables. Il est, par exemple, certain soliloque qui est presque une merveille de connaissance de l'éternel féminin 3. C’est celui où Lucilla, subitement férue d'amour, se raisonne pour aboutir honnêtement à la faiblesse qu'elle prémédite. Toutes les impulsions, auxquelles peut obéir le cœur d’une femme qui aime, s’en défend et s’y encourage tout à la fois, ont été traduites avec une vérité et un sentiment de la gradation auxquels on n’a pas rendu Justice.

C'est tout d’abord chez Lucilla une lutte incertaine entre sa conscience et ses désirs, entre sa répugnance à com-

1, Voir, notamment, L. H. Vincent, An Elizabethan Novelist, 57.

2. Voir les monologues de Lucilla (1, 205-207), d'Euphues (I, 208-211), de Philautus (I, 232), d'Euphues (I, 240-249).

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