‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 128 sur 321 · Voir, plus haut, page 84, note · texte numérisé non relu

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alors en usage; par la suite, je me conformerai aux roulades qui sont de nos jours si habilement traitées. Car les esprits des amoureux varient avec les folles humeurs des musiciens; ils ont tellement changé en ces quelques années qu'à notre idée leurs vieilles façons d'aimer et de chanter paraissent si peu habiles que nous les tenons pour barbares. Et s'ils étaient vivants et pouvaient entendre nos douceurs modernes ils les trouveraient si subtiles qu'ils les qualifieraient d’absurdes ! ». À vrai dire, ces différences signalées par l’auteur n'apparaissent pas aujourd'hui très évidentes ?. Mais c’est probablement la faute du temps qui, dans le recul du passé, estompe ainsi des nuances autrefois plus vives. D'ailleurs si Lyly a été impuissant à rendre ses intentions, il importe peu; il n’en reste pas moins vrai qu'il a fail ici une véritable tentative pour introduire la couleur locale dans le roman.

Il a aussi fait effort pour étoffer son récit. Les incidents sont assez nombreux. On n’en compte pas moins d’une vingtaine, parfaitement caractérisés : l’arrivée de Fidus à la Cour et sa passion soudaine pour Iffida; le départ d’Iffida

1. « Gentle-menne and Gentle-woemenne, in the discourse of this loue, it maye seeme I haue taken à newe course : but such was the tyme then, that it was straunge to loue, as it is nowe common, and then lesse vsed in the Courte, then it is now in the countrey : But hauing respecte to the tyme past, I trust you will not condempne my present tyme, who am enforced to singe after their plaine-songe, that was then vsed, and will followe heare-after the Crotchetts that are in these dayes cunninglye handled.

For the mindes of Louers alter with the madde moodes of the Musitions : and so much are they within fewe yeares chaunged, that we accompt their olde wooing and singing to haue so little cunning, that we esteeme it barbarous, and were they liuing to heare our newe quoyings, they woulde iudge it to haue so much curiositie, that they would tearme it foolish » (Works, IT, 57).

2, Quand on compare les conversations entre Fidus et Iffida et les conversations rapportées dans la troisième partie du livre, il semble pourtant que, dans les premières, les interlocuteurs parlent avec plus de simplicité; les idées sont moins compliquées et vont plus droit au but. C'est probablement cette différence que Lyly a voulu marquer, lorsqu'il à dit : « In tymes past, they vsed to wooe in playne tearmes, now in piked sentences » (Works, II, 57).

pour la campagne; la rencontre imprévue des deux jeunes gens chez le père de Fidus ; le souper et la discussion qui suivirent ; la scène des aveux dans la galerie ; le deuxième souper et la deuxième discussion t; la maladie de Fidus; l'intervention du médecin; la visite d'Iffida et sa confession; la guérison de Fidus?; le pacte d'amitié amoureuse 3; la mort de Thyrsus ; le désespoir de la jeune fille ; l’apaisement de son cœur ; l’éclosion en elle d’un sentiment plus tendre; sa mort#; la résolution de Fidus5. Et la simple énumération des incidents est suffisante pour montrer que le sujet de cette histoire est loin de manquer d'intérêt. Grâce à cette plus grande complication de la donnée, les deux protagonistes ont pu sortir du demi-jour où les personnages de l’Anatomy of Wit étaient restés perdus. C’est

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