‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 156 sur 321 · Cf., dans Gallathea, acte III, scène i et scène iv · texte numérisé non relu

Cf., dans Gallathea, acte III, scène i et scène iv

3. Endimion est surpris par Dipsas à la scène iii de l’acte II; il ne se réveille qu’à la scène i de l’acte V.

4 C’est à la scène i de l’acte III que les forestiers et les nymphes se rencontrent pour la première fois devant les spectateurs et, à la fin de la même scène, les forestiers se rendent au temple de Cupidon.

5. La plus grande partie de l’acte I est emplie par la création de Pandora et par le conseil des Dieux; l'acte V (sauf le début) est occupé par le dénouement.

dont l’une est à peine formée qu'elle est remplacée par la suivante.

Quant au dénouement, n'étant pas l'aboutissement naturel d'un enchaînement logique des faits, puisqu'il n'y a pas évolution de l’action, il ne peut être que factice. Il survient brusquement, quand l’auteur juge qu'il est temps de finir, et jamais il ne parvient à faire vraiment corps avec la pièce. Il est d'habitude fourni par quelque puissance qui, de son verdict autoritaire et irrécusable, impose la solution que les personnages n'ont pas osé prendre sous leur frêle responsabilité. Tantôt c'est un oracle qui montre aux héros impuissants le sort qui leur a été assigné à l’avance et auquel ils doivent se soumettre : c'est le cas de Sapho and Phao, de Midas, d'Endimion et de Mother Bombie 1. Tantôt c'est un dieu qui dicte ses volontés et, d’un seul mot, ramène le calme — car les intrigues de Lyly, ainsi qu'il sied dans une comédie, ont toutes une terminaison heureuse — : c’est le cas de Gallathea, de Loves Metamorphosis et de The Woman in the Moone ?; de Campaspe aussi, car, en fait, Alexandre joue le rôle d’une véritable divinité, devant qui tout s'incline. Par sa brusquerie et par son inattendu, le dénouement ne fait que mieux accentuer l'immobilité presque complète dans laquelle l'intrigue s’est tenue jusqu’à la fin.

Cette pauvreté de l'intrigue explique en partie pourquoi les personnages principaux ont si peu d’ampleur. N’accom-

1. Dans Sapho and Phao, la Sibylle ordonne à Phao de quitter la Sicile, en lui annonçant que d’autres destinées l’attendent (acte V, scène iii); dans Midas, deux oracles — celui de Bacchus (III, i) et celui d’Apollon (V, iii) — sont nécessaires pour résoudre la double intrigue; dans Endimion, l’oracle est écrit au fond de la source magique; enfin, dans Mother Bombie, la commère qui a donné son nom à la pièce dispense ses prédictions tout au long de l'intrigue, prédictions qui se vérifient au dénouement.

2. Neptune et Vénus, dans Gallathea; Cupidon, dans Loves Metamorphosis; Nature, dans The Woman in the Moone.

plissant que de rares actions, ne subissant presque jamais ces contre-coups d'événements qui sont si favorables à la mise en lumière des caractères, comment pourraient-ils extérioriser leur personnalité ? Quand une fois 1ls ont reçu leur rôle ou, plus exactement, lorsqu'ils ont été distribués par groupes parallèles ou opposés, ils n’ont plus qu'à attendre avec patience le règlement de leur situation par celle des puissances qui doit prendre en pitié leurs espoirs ou leurs peines. Dans cette expectative, ils parcourent la pièce comme des ombres inquiètes; ils se rencontrent, échangent quelques vives réparties ou font allusion à leurs préoccupations, puis ils se quittent pour se retrouver quelques instants après dans un état d'esprit identique ?. Car bien rares sont les protagonistes qui se transforment, même légèrement, au cours des cinq actes. Tels ils sont au début, tels ils demeurent jusqu'à la fin. De bout en bout, ils se présentent au spectateur figés dans un même geste, dans une attitude unique. Alexandre s'immobilise dans sa majesté galante de conquérant dameret, depuis le moment où il pardonne généreusement à Timoclée, jusqu'à celui où il jette la tremblante Campaspe entre les bras de son rival, et pari à la conquête de nouveaux mondes. Phaon erre, éternellement indécis, autour du palais de sa maîtresse, rendu inerte par un respect que les conseils stimulants de la Sibylle ne parviennent pas à ébranler 5. Sapho, reine de Syracuse, commandant à son gré le dieu d'amour lui-même, serait incapable de sortir de ses lamentations impuissantes et plaintives, si Vénus, par son dépit et sa jalousie, n’apportait une solution #. Endimion, un ambitieux

1. Ceci sera expliqué plus loin, dans l'étude sur la technique.

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