‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 157 sur 321 · Voir, surtout, Gallathea et Phillida · texte numérisé non relu

Voir, surtout, Gallathea et Phillida

3. Par deux fois (acte II, scène i et scène iv) la Sibylle conseille à Phao de payer d'audace; mais sans succès.

4, Voir, plus haut, page 116.

qui ne sait que gémir, prolonge longuement en un sommeil opportun, le rêve ineffectif où se complaisent ses aspirations. Cinthia passe glacée dans son indifférence à la fois hautaine et clémentet, et ce n’est pas un mouvement de pitié, dicté par un oracle, qui est suffisant pour la faire tressaillir. Gallathea et Phillida ne quittent pas leur air de biches effarouchées et s’abandonnent à l’appréhension monotone du moment qui va décider de leur destinée. Midas est peut-être le type le plus caractéristique de ces fatalistes désemparés. Sur sa tête hébétée, il laisse s’amonceler les malheurs sans faire autre chose que les constater et les subir. Il va sans dire que la complexité est inconnue à ces personnages; deux ou trois mots suffisent pour les décrire sous toutes leurs faces. S'ils étaient issus d’une qualité abstraile au lieu d’appartenir à une catégorie d'êtres que l'histoire ou la légende a individualisés, par l'allure et par les dimensions ils ne se distingueraient guère des personnages de moralités.

Le manque d'action n’est pas d’ailleurs seul responsable de cette compression des caractères. Plusieurs d’entre eux, de par leur nature, étaient à l'avance condamnés à une sorte de rachitisme. C'est le cas des personnages allégoriques. Adaptés à des événements politiques, ils symbolisaient plutôt ces événements que les êtres réels qu'ils avaient la prétention de recouvrir. Chargés de faire surgir devant l'esprit du spectateur un fait précis et généralement simple, ils étaient de véritables pièces à démonstration, avec tendance à devenir des entités, et dont l’unité d’allure était essentielle à la clarté de la pièce. Ce qui nuisait encore à leur libre développement, c’est que l’auteur était tenu à la prudence. Si Lyly avait toute latitude pour se gausser

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