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protagonistes et les êtres divins ou allégoriques, 1l existe une troisième catégorie de personnages formant une troupe disuncte et à part. Ayant pour rôle d'apporter une note comique ou de former un fond de société aux acteurs principaux, ces personnages sont lâchés de par la pièce, comme en liberté. Ils vont et viennent, côtoyant l’action ou la traversant, remplissant les intervalles vides entre les scènes où les véritables acteurs retiennent l'attention. Ils sont bien quelquefois attirés, au dénouement, dans le cercle du sujet 1; mais, malgré cet enrôlement final, ils conservent une indépendance irréductible, grâce à laquelle, comme des plantes qui auraient trouvé une fissure par où rejoindre le soleil, 1ls s'épanouissent et prennent de la couleur. Sans doute, l’activité qu'ils montrent ainsi n’a rien de tumultueux;, mais ils sont pleins d'animation, de vivacité et d'entrain. Ils ont cette vie d’allure que peut prendre une silhouette réussie ou un dessin au simple trait. Ils forment, quand on les réunit, un défilé un peu rapide, qu'il vaut mieux peut-être regarder de profil, mais qui séduit par sa variété. Bien en vedette se détache le cynique Diogène ?, hargneux et insolent, sorte de sanglier farouche qui, de son esprit acéré comme une lame, point de gauche et de droite tous les gens qu'il rencontre, rois, philosophes ou peuple; foncièrement honnête d’ailleurs et atteignant par là à une certaine grandeur qui en impose à ceux-là même qu'il houspille. Derrière lui, moins vigoureusement crayonnés, mais ayant néanmoins une netteté de lignes suffisante pour les graver dans notre mémoire, se pressent — je cite au hasard — Laïs?, la courtisane au langage ensorceleur dont le corps onduleux de créature vénale, au
1. Voir les trois frères dans Gallathea ; le loueur de chevaux et le sergent dans Mother Bombie.