‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 160 sur 321 · Dans Campaspe · texte numérisé non relu

Dans Campaspe

charme capiteux, entraîne les hommes à sa suite vers le tourbillon des plaisirs; un marin chaucerient, aux gestes brusques, et que des naufrages répétés n’ont pu ébranler dans son audace ni dans son insoucieuse ignorance du danger; un chasseur ? important et stupide, fort irritable aussi, surtout quand on commet devant lui la « trahison » d'employer mal les termes mystérieux du jargon qu'il affecte; un marchand 3 brutal et grossier, véritable type du parvenu orgueilleux de sa fortune et cyniquement confiant en la puissance illimitée de l'or; un constable et ses subordonnés du guet 4, à la compréhension lente et qui « sentent la boisson comme une barbe de mendiant »; un loueur de chevaux, maquignon sans scrupules, spéculant sur la mauvaise condition des bêtes qu'il prête; un sergent et un notaire, peu respectables représentants de l'autorité publique, qui roulent facilement sous les tables vineuses de l’auberge où volontiers ils exercent leurs fonctions; des violoneux aux noms nasillards6, jolis profils perdus qui s’en vont à l’aube sérénader sous les fenêtres des jeunes mariés pour recueillir quelques sous péniblement gagnés, en chantant « Le Lacs d'Amour », à l'accompagnement de leurs crincrins grinçants; Sir Tophas”, le courtisan vantard, dont les seules paroles blessent8, et dont le plus redoutable ennemi est le « monstre Ovis », grotesque foudre de guerre assez curieusement doublé d’un pédant

Dans Gallathea.

Dans Midas.

. Dans Loves Metamorphosis.

Dans Endimion.

Dans Mother Bombie.

. Nasutus, Bedunenus et Synis dans Mother Bombie.

Dans Endimion.

« Commonly my words wound », dit-il à son page (acte I, scène iii, 58).

D Ho w à Om

3b8 JOHN LYLY

naïf et d’un amoureux aveugle; l’aventurier Raffe 1, déshérité de la Fortune, poursuiveur inlassable et confiant d’un bien-être qui jamais ne se laisse découvrir; Motto?, le bien nommé, qui se croit avisé, mais qui ne sait pas, en vrai barbier, garder le silence; enfin, ces deux spécimens de bayeurs aux chimères, l’alchimiste et l’astrologue 1, pauvres hères sans sou ni maille, rêvant des rêves dorés ou grandioses, atteignant dans leur douce folie à une sorte d’exaltation poétique qui leur fait chevaucher les cieux.

Mais voici des personnages encore plus vivants. Ce sont d'abord les serviteurs, Manès, Granichus, Psyllus #, Dromio, Riscio, Lucio, Halfpenny #, dont la troupe bruyante emplit de son ardeur espiègle Campaspe et Mother Bombie. Paresseux comme des loirs, leur idéal serait de passer la vie à boire, manger, dormir et Jouer 5. Aussi tout prétexte leur est-il bon pour échapper à leurs devoirs et pour aller retrouver les compagnons de leur âge — ils entrent à peine dans l'adolescence 5, — avec lesquels ils flânent en médisant de leur maître ou en faisant assaut d'esprit. Ils sont de tous les rassemblements 7; ils se faufilent partout, jusque dans les auberges où is sont capables de vider maint pot de vin, comme des hommes8. Nés avec le génie de l'intrigue —

Dans Gallathez.

Dans Midas.

. Dans Campaspe.

. Dans Mother Bombie.

5. « Memphio. Ile haue thy aduice, and if it fadge, thou shalt eate till thou sweate, play till thou sleep, and sleepe till thy bones ake.

Dromio. I marie, now you tickle me, I am both hungrie, gamesome, & sleepie, and all at once » (Mother Bombie, acte I, scène i, 40-43).

6. On les appelle généralement boy; Manès semble être un peu plus âgé que les autres.

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