‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 17 sur 321 · Voir Appendice A, x · texte numérisé non relu

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2. Il est vrai de dire que nos ancêtres semblent avoir eu sur le sujet des façons de sentir différentes des nôtres; Lyly se place ici au même point de vue que l’auteur du Ménagier de Paris (V. Queen Elizabeth's Achademy, Pt. II, 151).

il lui laisse la jouissance de la fortune des enfants pendant leur minorité.

Peter Lyly était évidemment un homme aux yeux de qui la vie apparaissait dans toute sa laide réalité, et qui ne se laissait pas prendre à ses traîtreuses blandices. Il était pourtant capable de s'élever au-dessus des pures considérations terrestres jusqu'à des hauteurs où sa prudence soupçonneuse fondait à la chaleur de l'amour divin ; de ferventes effusions pouvaient même déborder du cœur de cet homme d’affaires. En tête de son testament, il nous a mis dans la confidence de ses espoirs de l'au-delà et, dans un long et solennel credo, il a entonné avec hbéatitude le chant d’allégresse de l’homme qui a déjà la vision extatique de son élection assurée : « D'abord et surtout, je commets très humblement mon âme pécheresse à la grand merci du tout-puissant Dieu, mon créateur, pour le jour où il plaira à sa bonté de délier cette âme de mon corps mortel et souillé par le péché; sincèrement et fermement persuadé que grâce aux seuls mérites des très cruelles mort et passion et du sang versé de son unique fils chéri, mon seul sauveur et rédempteur Jésus-Christ, j'ai reçu et recevrai abondamment la rémission de tous mes péchés, el qu'au grand jour terrible de la résurrection glorieuse et générale et du jugement, je ressusciterai en cette chair, passant de la corruption à l'incorruption et que de corps et d'âme j'hériterai du glorieux royaume des Cieux, préparé à tout jamais pour les élus de Dieu devant la fondation du monde; duquel nombre de ces élus, je suis persuadé que je serai, grâce à l'extrême faveur et miséricorde du toutpuissant Seigneur Dieu, mon père céleste. Mon corps impur je commets à la terre, — terre à la terre et poussière à la poussière — pour être enterré à la discrétion de mes exécuteurs lestamentaires ». Je ne dirai pas que sous ces

phrases pompeuses et lourdes on sente palpiter l'émotion profonde qui anéantit une âme mystique à la pensée de son juge divin ; Peter Lyly n'était probablement pas de la trempe des Bunyan ou des Pascal. Mais sa religion semble avoir eu une sérénité et une robustesse qui nous assurent de sa sincérité, et pour n'être pas angoissée elle n'en était peut-être que plus affermie. En tous cas, si j'en juge par le ton emphatique du morceau qui précède, Peter Lyly avait le sermon facile et grandiloquent : bien des Îois, 1l dut au cercle de famille prêcher les suaves beautés de la religion réformée et le dévouement à la « très vertueuse Souveraine, Lady Elizabeth, défenseur de la Foit »! Telle était la famille de laquelle John Lyly avait reçu ces « propriétés initiales » qui sont la mise de fonds de l'hérédité dans l'entreprise de la vie. Le savoir et la piété y étaient de tradition et l’on ne s’étonnera pas, désormais, de retrouver ces tournures d'esprit et d'âme à nouveau réunies chez notre auteur. Je sais bien que les preuves de la piété de Lyly ne sont pas très nombreuses, mi très sûres; une seule fois, dans l'EÉuphues, il nous sera possible de retrouver des traces de ses convictions religieuses et morales; mais ce jour-là du moins, que ses appels à la vertu et à l'amour de Dieu aient été sincères ou feints, il prouva surabondamment que les préceptes et les exemples de ses ancêtres n'avaient pas été pour lui lettre close. En tout cas, personne ne contesltera qu'il ait dignement continué les traditions intellectuelles de la famille. Lyly fut un littérateur jusqu'à la moelle? ; l’érudit, nous le verrons plus tard, fut chez lui moins admirable; mais c’est par l'étalage d’une érudition factice qu'il sut en imposer à ses contemporains

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