‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 18 sur 321 · Voir Appendice A, x · texte numérisé non relu

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9. C. G. Child a dit fort justement : « He had the instinct of the born « littérateur » (Euphuism, 37).

et ainsi, par les moyens sinon par la valeur, sa marche à l'assaut de la célébrité ressemble à celle de son grand-père et à celle de son oncle. Ce n'est pas, je crois, donner aux lois de l’atavisme une importance exagérée que de conslater qu'au styliste grand affileur de phrases et éloquent rhétoricien on ne pouvait souhaiter un autre aïeul que celui qui enseigna avec passion « la grammaire, la poésie et la rhétorique ».

Tous ces instincts — héritage de la race — avaient encore été fortifiés par le milieu où Lyly avait grandi. La maison du Registrar élait certainement fréquentée par les dignitaires de l’archevêché, tous gens instruits et qui, en vertu de leur état, faisaient profession de savoir. Leurs manières, leur langage avaient dû envelopper l'enfant de cette atmosphère chaude, câline et prenante, particulière aux gens d'église à quelque confession qu'ils appartiennent, et continuer l’œuvre du sang. Et si Peter Lyly ne semble pas avoir recherché pour lui-même la réputation littéraire de son père et de son frère, 1l avait foi en l'excellence que confère la supériorité intellectuelle. « Avancer ses fils dans le savoir ou les charges publiques », tel était son vœu le plus cher; il est impossible que de pareils rêves, souvent exprimés, n'aient pas contribué à déterminer chez le jeune Lyly, avec le désir de s’illustrer, l’âpre convoitise de parvenir à la Cour.

Les espérances ambitieuses de Peter et de son fils n'avaient d’ailleurs rien que de fort naturel. La famille occupait dans l'échelle sociale une place très honorable : les Lylys étaient gentlemen et avaient le droit de porter des armoiries ! ; le nom était célèbre, vénéré

1. Voir Dictionary of National Biography, art. Lilly (William). Les armes données par la généalogie sont différentes de celles données par le Dict. of

Nai. Biog.; elles doivent se lire : « D’or semé de fleur de lis d'azur, au canton dextre de gueules un lis d’argent au naturel ». C’est probablement à l’occasion

même !, dans tous les milieux où l'érudition était de mode; la Cour était d'avance ouverte au petit-fils du Grammairien ?. Et dans cette « région » où, pour « faire sa brigue », il était. nécessaire de pouvoir compter sur de nombreux amis, par ses alliances, le registrar de l’archevêché disposait de relations puissantes. Par sa femme, il « tenait » à la noblesse du Yorkshire. Plus efficace encore pouvait être la parenté avec les Manwoods, dont l'aîné allait poursuivre sans entraves sa rapide carrière, et, par lui, Lyly pouvait atteindre deux des plus intimes conseillers de la reine

Walsingham et Hatton. Peter Lyly, de par ses fonctions, avait accès auprès de Parker et, chez cet homme bon et hospitalier, il avait mainte occasion de faire d’utiles connaissances $%. Le primat d'Angleterre avait recueilli chez lui une véritable cour de cadets de grandes familles. Dans son palais logeaient Egremont Ratcliff, demi-frère du Comte de Sussex, le Lord Chamberlain; Charles Gray, frère du Comte de Kent; Richard, plus tard Sir Richard, Bingham'; Geoffrey Benton ; John Stafford, fils de Lady Stafford, l’une des dames d'honneur de la reine ; Warham Saint Leger ; Henry Harrington, frère de Lord Harrington ; Henry Mainard. Edward Cobham, frère du Lord Warden

de cette modification apportée dans les armes que la généalogie fut dressée par le Rougerose.

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2. M. G. P. Baker avait vu juste quand, dans son Introduction d'Endymion (p. x), il avait fait remarquer que le père de Lyly devait être assez aisé et appartenir à une bonne famille.

3. Peut-être même notre Registrar était-il la même personne que le Ly1y, calligraphe habile, mentionné par Parker dans une lettre à William Cecil. L'’archevêque était antiquaire passionné; il collectionnait les livres ou manuscrits anciens et, lorsque ces reliques étaient en mauvais état, il les faisait restaurer. Parlant d’un manuscrit qu'il avait voulu faire compléter, il écrit à Cecil, le 24 janvier 1565 : « Which I was in mind to have caused Lylye to have counterfeited in antiquity &c but that I called to remembrance that ye have a singular artificer to adorn the same » (Parker, Correspondence, p. 254). Il est grand dommage que cette question ne puisse être tranchée, car nous aurions ici une preuve que le père de l'Euphuiste connaissait le secrétaire de la reine.

UNE FAMILLE D'ÉRUDITS AU XVI* SIÈCLE a

Cobham, fut lui aussi élevé chez Parker 1, et c'est peut-être en admettant une certaine intimité entre lui et Peter Lyly que l’on s'explique la confiance dont John Lyly jouira plus tard auprès de Lady Ann Cobham?. Il y avait mieux encore : Parker était l'ami de William Cecil dont le pouvoir sur la reine allait grandissant de jour en jour, et, par l'intermédiaire de l'archevêque, pouvaient se renouer ou se consolider des relations qui avaient certainement existé entre le Secrétaire d'Etat et les Lylys. Cecil était trop jeune pour avoir connu le Grammairien, mais, en érudit sincère qu'il était, il devait avoir une tendresse pour le nom. En outre, sous le règne de Mary, alors qu'il était simple débutant dans la politique, il avait accompagné Pole dans plusieurs ambassades # : il est impossible qu'il n’ait pas alors fait la connaissance de George Lyly. C'est probablement à cette époque qu'il faut remonter pour trouver l'origine de cet intérêt que le ministre d'Elizabeth devait prendre un jour à l'éducation et à l'avancement de notre auteur ‘. Certes si nous avons le droit de donner au portrait de Fidus un sens autobiographique, ce que ce personnage nous dit « des puissants amis de son père à la Cour » ne serait pas un simple enjolivement littéraire 5. Rarement on

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