Pan. Their sad depart would make my hart to earne
Were not the ioyes that I conceaue in thee :
Go, go, Gunophilus, without delay, Gather me balme and cooling Violets, And of our holly hearbe Nicotian, And bring with all pure hunny from the hyue, That I may heere compound a wholsome salue, To heale the wound of my vnhappy hand.
Gun. I goe.
Ste. Blest be the hand that made so happy wound, For in my sufferance haue I wonne thy loue; And blessed thou, that hauing tryed my faith, Hast giuen admittance to my harts desert :
Now all is well, and all my hurt is whole, And I in paradise of my delight.
Come, louely spouse, let vs go walke the woods, Where warbling birds recorde our happines, And whistling leaues make musick to our myrthe, And Flora strews her bowre to welcome thee.
Pan. But first sweet husband, be thou ruld by me : Go make prouision for some holy rytes, That zeale may prosper our new ioyned loue, And by and by my selfe will follow thee.
Ste. Stay not my deere, for in thy lookes I liue.
(Woman in the Moone, III, i, 63-86).
Le passage qui précède est un bon spécimen du vers blanc de Lyly. Il y a peu d'observations à faire à ce sujet, et le jugement de Bond (Lyly's Works, II, 294) est admirablement juste : « His lines present the same distinct and isolated character as those of Gorboduc, the Jocasta of Gascoigne and Kinwelmarsh, Hughes’ Misfortunes of Arthur, and even of Marlowe himself : they are seldom run on, but they do exhibit something of the variety of cadence, some of those deviations from the normal line, the credit of which is generally assigned to Marlowe, who was first to adopt on principle improvements which his predecessors stumbled on occasionally by chance ».
défauts que nous avons constatés par ailleurs. Elles sont d'ordre plus particulièrement littéraire ou intellectuel; elles nous renseignent sur l'esprit de l’auteur; elles sont capables de nous faire éprouver des jouissances assez délicates lorsque nous lisons l'œuvre lylienne dans le silence du cabinet. Mais elles constituent seulement des attributs de cette œuvre, elles n'en modifient pas la substance ; elles n influent en rien sur sa valeur dramatique.
Or cette valeur dramatique, nous pouvons maintenant en convenir, est à peu près nulle aux yeux d’un spectateur moderne. Les allusions à la vie de la Cour et aux événements politiques qui intéressaient, passionnaient même les contemporains de Lyly, cette sorte de franc-maçonnerie des pensées qui existait entre auteur et spectateur, tout ce qui, en un mot, donnait à l'œuvre sa vitalité est pour nous lettre morte. D'autre part, ce théâtre, dépouillé par les ans de sa signification essentielle, n’a rien de ce qui eût pu en faire du théâtre pour tous les temps. Il n’a accordé qu'une place secondaire à la peinture des sentiments et des passions; il n’a représenté que rarement les travers impérissables de l'humanité. Il n'a même aucune des qualités organiques d’un théâtre normalement constitué, — du moins 1l ne remplit aucune des conditions que nous tenons pour fondamentales du genre dramatique. Les intrigues lyliennes sont pauvres en incidents et ne présentent Jamais ce développement progressif qui est indispensable pour éveiller l'intérêt et soutenir l'attention; les caractères sont en général peu vivants et tiennent davantage du mannequin que de l'homme: et il serait vain de vouloir retrouver entre l'intrigue et les personnages cette concordance harmonieuse qui se traduit par une réaction constante des incidents sur les caractères et des caractères sur les incidents. Remises à la scène, les pièces de Lyly seraient mortellement
ennuyeuses. L'expérience a été faite pour Gallatheat ; malgré que le public d'élite convié à cette représentation trouvât dans ses habitudes intellectuelles une cause incitatrice d'enthousiasme, il ne semble pas que cette très louable résurrection ait suscité autre chose qu’un succès de curiosité étonnée. Encore s’agissait-il d’une comédie où l'élément allégorique est insignifiant : je n'ose pas imaginer le trouble d'un auditoire obligé de déchiffrer des rébus politiques comme Midas où Endimion ! Le théâtre de Lyly, comme l'Euphues, ne saurait intéresser que des érudits. C'est à coup sûr la plus ironique déchéance que les variations du goût puissent infliger à un écrivain qui fit les délices d’une Cour.
1. La pièce a été jouée dans le théâtre de nature des Botanical Gardens de Regent’s Park, à Londres, en juillet 1905. M. Patrick Kirwan était l’organisateur de cette intéressante cérémonie littéraire.
Analyse de l'Euphuisme
I ne faudrait pas remonter très loin dans le passé pour trouver l'époque où le mot d'euphuisme — terme par lequel on désigne généralement le style de Lyly — était synonyme d'extravagance et de nen-senst. On a aujourd’hui sur ce langage des notions plus justes et surtout plus précises. Les minutieuses études de Weymouth?, de Landmann 3 et de Child # — pour ne citer que les principales — ont démontré que là où l’ancienne critique n'avait vu qu'aberration intellectuelle et dérèglement, il y avait, en réalité, application rigoureuse d'une méthode parfaitement nette. Et il est
1. Walter Scott, par sa parodie de l’euphuisme dans le personnage de Sir Piercie Shafton (The Monastery), a beaucoup fait pour répandre l’idée que l’euphuisme n'était qu’un tissu de phrases absurdes. Pendant les deux premiers tiers du XIXe siècle, l'opinion de la critique « bien informée » est synthétisée par cette appréciation de Craik : « Pedantic and far-fetched allusion, elaborate indirectness, a cloying smoothness and drowsy monotony of diction, alliteration, punning and other such puerilities — these are the main ingredients of Euphuism » (English Literature, I, 496); ou encore par ce jugement de Hallam : « The style which obtained celebrity is antithetical and sententious to affectation; a perpetual effort with no adequate success rendering the book equally disagreeable and ridiculous » (Introduction to the Literature of Europe, II, 195). Pour les « non initiés » le mot euphuisme est vaguement synonyme de « préciosité », « affectation », « amphigouri », etc.
2. F. R. Weymouth, On Euphuism (Philological Society Transactions, 1870-1872. Pt. iii).
2, Landmann (F.), Der Euphuismus (Dissertation. Giessen, 1881). Cette thèse a été résumée sous le titre de Shakspere and Euphuism dans les New Shakspere Society Transactions (1880-1885. Pt. ii). Le Dr Landmann à encore traité cette question dans l’Introduction à son édition de l’Anatomy of Wit publiée dans Englische Sprach- und Literaturdenkmale des 16. 17. und 18. Jahrhunderts, etc. (Heilbronn, 1887).