C. G. Child, John Lyly and Euphuism
maintenant admis que l’euphuisme, quels que soient ses défauts et ses excès, a aussi des qualités, car c'est la résultante d’une série d'efforts artistiques pour attemdre à la perfection de la forme.
Les caractères de ce style sont d’ailleurs on ne peut plus faciles à dégager; car ils sont déterminés par certains procédés que la rhétorique a décrits et classés. D'autre part, ces procédés sont très peu nombreux : entre toutes les figures que nous a léguées l'ingéniosité des rhéteurs, Lyly en a choisi à peine une demi-douzaine auxquelles il a eu recours presque exclusivement.
Parmi ces procédés, il y en a deux qui appartiennent tout autant au fond qu'à la forme ; il est donc logique de les étudier en premier lieu. Et pour commencer par celui qui procède plus directement du mécanisme de la conception, il faut noter l'emploi abusif de l’antithèse. Lyly, semble-t-il, ne peut concevoir ses idées qu'au choc de deux oppositions: il ne les associe qu’au travers de contrastes. Son Anatomy of Wüit, dans son but et dans sa construction, n'est en somme qu'une antithèse longuement prolongée. Et dans les détails de l'expression c'est encore cette figure de style qui domine, mettant partout le heurt de ses deux termes contraires. Elle exerce sur l’auteur un pouvoir si tyrannique qu'elle lui impose sa tournure là où elle n'a que faire et l'entraîne même dans le non-sens pur. Elle prend toutes les formes, depuis les plus simples jusqu'aux plus compliquées. Il est des antithèses modestes qui s’équilibrent sur deux mots contrastés :
betweene the wazxinge and the wayninge of the Moone ? betweene the risinge and the settinge of the Sunne 3;