‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 185 sur 321 · Rabelais, livre II, ch. viii · texte numérisé non relu

Rabelais, livre II, ch. viii

2. « The Dogge hauing surfetted, to procure his vomitte eateth grasse, and findeth remedy » (I, 208).

3. « The pecocke, who being praysed spreadeth hir tayle » (II, 199).

4. « The Ant though shee toyle in Sommer, yet in Winter she leaueth to trauayle » (I, 289).

5. « No birde can looke againe the Sunne, but those that bee bredde of the Eagle » (I, 231).

exploitée par Lyly dans sa recherche des comparaisons ne laisse pas que d'être étrange et mystérieuse. Le monde qui parois surgit des pages de Lyly n’est pas très loin de ressembler aux pays fantastiques que Mandeville, voyageur émérile, avait révélés à la crédulité de ses compatriotes t. Les plantes de la flore lylienne ont vraiment des propriétés merveilleuses. La lunaire pousse lorsque la lune croît et perd ses feuilles lorsque cet astre décroît? ; le figuier de Perse porte à la fois des pommes et des figues 3 ; le houblon est un vaillant, car pour si élevé que soit son tuteur, il en atteint toujours le sommet #. Il y a des végétaux qui se complaisent en de piquantes antithèses : certain pommier de Perse, dont la fleur a goût de miel, a des bourgeons plus âpres que le fiel5 ; et, de même, le tilleul qui a une jolie feuille et une douce écorce produit des fruits si amers que nulle bête n'y veut mordre 5. D'autres sont redoutables aux animaux : si le chèvrefeuille, la rose et l’érable sont assez complaisants pour fournir à l'araignée son poison, au chancre son venin, au scorpion du fumier ?, le trèfle, par contre, effraie les serpentss$, l’alpinie met en fuite l'abeille’,

1. The Voiage and Travaile of Sir John Mandeville, which treateth of the Way of Hierusalem, and of Marvayles of Inde, with others Islands and Countreyes (1357).

2. « Lunaris hearbe, as long as the Moone waxeth, bringeth forth leaues, and in the waining shaketh them of » (II, 172).

« The Palme Persian Fig tree, beareth as well Apples, as Figs » (II, 22).

« The Hoppe the poale beeing neuer so hye groweth to the ende » (I, 218). . « The Apple in Persia, whose blossome sauoreth lyke Honny, whose budde is more sower then gall » (I, 208).

6. « Tilia hath a sweete rinde & a pleasant leafe, but ye fruite so bitter that no beast wil bite it » (II, 148).

7. « Is not poyson taken out of the Honnysuckle by the Spider, venime out of the Rose by the Canker, dunge out of the Maple tree by the Scorpion ? » (I, 249).

8. « The grasse Trifole, where there is no serpent so venemous that dare venture » (II, 149).

9. « Would I haue thee to imitate the Bee, that when thou shalt beholde the amiable blossomes of the Alpine tree in any woemanne, thou shunne them, as à place infected eyther with poyson to kill thee, or honnye to deceiue thee » (II, 82).

A & wo

le hêtre endort la vipère ! et le taureau attaché au figuier perd toute sa force ?.

Les minéraux, de leur côté, offrent au lapidaire des ressources multiples. Dans la tête du dragon on trouve la draconite 3 et dans les nids dégoûtants de l'aigle, l’aétite #. Et quel parti ne pourrait-on pas tirer de leurs propriétés ? La sandastre est noire d'apparence; si on la casse, elle jette des rayons comme le soleil5. Il est une pierre qui pousse (sic) dans la rivière de Carie et qui, plus on la taille, plus elle croît. La pierre à feu de Ligurie, éteinte par le lait, est rallumée par l'eau 7. La chalaze, lorsqu'on la met dans le feu, garde sa froideur 8; tout autre est l’abeston qui, une fois chauffée, ne peut plus se refroidir?. La pierre de Sicilia, plus on la bat, plus elle est dure 1° ; la tyrrhène nage lorsqu'elle est entière, mais s'enfonce lorsqu'on ia diminue 11, Quelques-uns de ces minéraux atteignent à une véritable intelligence. Il y a une pierre de Cizico, qui s'enfuit, si l'on ne prend pas la précaution de l'en-

1. « The Viper tyed to the bough of the Beech tree, which keepeth him in a dead sleepe, though it beginne with a sweete slumber » (II, 50).

2. « The Bull being tyed to ye Figge tree loseth his strength » (I, 293).

3. « The precious gemme Draconites that is euer taken out of the heade of the poysoned Dragon » (I, 261).

4. « The precious stone Aetites which is founde in the filthy neastes of the eagle » (Ibid).

5. « Ye precious stone Sandastra, hath nothing in outward appearaunce but that which seemeth blacke, but being broken poureth forth beames lyke the Sunne » (II, 61).

6. « The stone that groweth in the riuer of Caria, the whiche the more it is cutte, the more it encreaseth » (I, 289).

7. « The fire stone in Liguria though it bee quenched with milke, yet againe it is kindled with water » (I, 258).

8. « The precious stone Chalazias, being throwen into the fire keepeth stil his coldänesse, not to be warmed with any heate » (II, 139).

9. « The stone Abeston being once made hotte will neuer be made colde » (I, 191).

10. « The stone of Sicilia, the which the more it is beaten, the harder it is » (I, 204).

11. « The Stone Thyrrenus beeing whole, swimmeth, but neuer so lyttle diminished, sinketh to the bottome » (II, 226).

chaînert, tandis que la Pansura attire à elle toutes les autres pierres, même les plus lourdes, car elle contient les trois principes de la musique : la joie, la mélancolie et la folie?, Quant à la pierre Cylindrus — une poltronne sans doute —- elle dégringole de la colline à chaque coup de tonnerre 3.

Plus merveilleux encore est le monde des animaux. On y peut faire sur leur nature et sur leurs mœurs des observations surprenantes. Qui eût pensé que le lait de la tigresse est d'autant plus frais qu'on le sale davantage # et que, si les larmes du cerf sont amères, celles du sanglier sont douces 5? L'oiseau Taurus a un tout petit corps, mais une voix énorme 6, et bien que le caméléon ait de très longs intestins, il émet très peu de souffle 7 : ce sont espèces qui aiment les contrastes. La mouche pyrausta vit dans la flamme sans se brûler 8; le dragon suce le sang de l'éléphant et le tue; mais, ce faisant, il s'empoisonne ?. Malheureuse est la chèvre qui a toujours la fièvre 10 et bien précaire est l'existence du serpent Sérapie, qui, s’il est seulement touché par une fougère, éclate 1. Certains animaux sont pleins de

1. « The fugitiue stone in Cyzico, which runneth away if it be not fastened to some post » (II, 221).

2. « The stone Pansura, which draweth all other stones, be they neuer so heauy, hauing in it the three rootes which they attribut to Musicke, Mirth, Melancholie, Madnesse » (II, 184).

3. « The stone Cylindrus at euery thunder clappe, rowle from the hill » (I, 219).

4. « The milke of a Tygresse.. the more salte there is throwne into it the fresher it is » (I, 297).

5. « Though ye teares of the Hart be salt, yet the tears of ye Bore be sweet » (I, 258).

6. « The Birde Taurus hath a great voyce, but a small body » (I, 194).

7. « Ye Camelion thoughe hee haue most guttes, draweth least breath » (1bid.).

8. « I haue... liued in the flame with the fiye Pyrausta » (II, 111).

9. « Dragons, who sucking bloud out of the Elephant, kill him, and with the same, poyson themselues » (II, 138).

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