Traduit du français de Pierre Boaistuau
8. Ces livres se rattachaient aussi aux Bestiaires, Volucraires et Lapidaires du moyen âge; car dans la plupart des faits de nature qu'ils rapportent on peut trouver trace d’intentions allégoriques ou morales. Par les Bestiaires on remonte jusqu’au Physiologus, composé en grec, à Alexandrie, vers le Ile siècle de notre ère (Cf. F. Lauchert, Geschichte des Physiologus et Der Eïinfluss des Physiologus auf den Euphuismus).
avec l'histoire naturelle (on pourrait ajouter les proverbes, qui constituent une sorte de savoir populaire et qui sont assez fréquents chez lui) !, c'est qu'il voulait forcer l’admiration par la variété et l'étendue de ses lectures. Il prétendait en un mot à ce titre d'érudit en lequel étaient résumées, à l'époque, toutes les qualités littéraires.
L'érudition de Lyly est d’ailleurs des plus superficielles. Car, il ne faut pas s’en laisser imposer par le nombre d’allusions que l'on peut relever dans l'œuvre. Si l’on essaie de former la liste des auteurs auxquels Lyly emprunte ses comparaisons, c'est à peine si l'on peut réunir une quarantaine de noms ?. Il n’y a là rien de surprenant, ni qui nous permette même de conclure à des lectures nombreuses, surtout si l'on songe à l’insatiable curiosité dont brûlaient un Erasme, un Ben Jonson ou un Rabelais. Encore faut-il ajouter que cette liste est trompeuse ; sur ces quarante auteurs, 1l en est seulement un peu plus d’une demi-douzaine de qui on puisse dire que Lyly les connaissait bien, à savoir : Cicéron, Ovide, Plutarque, Pline, César, Erasme, Ascham et Pettie. Pour tous les autres, l'influence n'est pas démontrable. Car là où il serait possible de voir un emprunt, il s'agit, la plupart du temps, d’une anecdote très
1. Dans les analyses de l’euphuisme on a souvent considéré l’emploi des proverbes comme caractéristique du style lylien. Je ne crois pas devoir suivre mes prédécesseurs dans cette voie, car, d’un côté, le goût des sentences est général à tous les écrivains de l’époque, et, d'autre part, le nombre des proverbes rapportés par Lyly n’est pas aussi important qu'on le laisse entendre. Il en va de même pour les.questions de rhétorique que l’on trouve aussi chez Lyly (Voir, par exemple, p. 279, n. 1); à en croire certains critiques elles abondent dans l’œuvre; or, on ne les rencontre que dans les quelques monologues épars dans les romans ou le théâtre, et là leur place était tout indiquée.
2. Ce sont parmi les anciens : Aristote, Cicéron, Diogène Laërce, Elien, Esope, Hérodote, Homère, Horace, Hyginus, Juvenal, Lucien, Martial, Ovide, Plutarque, Pline, Sénèque, Térence, Plaute, Valère-Maxime, Virgile, Aulu- Gelle, César, Euripide, Galien, Hésiode, Héliodore, Tite-Live, Lucrèce, Platon, Pausanias, Quintilien, Sophocle, Tibulle; chez les modernes : Ascham, Bartholomew, Chaucer, Harrison, Pettie, Tylney et Erasme. L'influence d’Erasme sur Lyly à été très minutieusement étudiée par H. de Vocht (De Invloed van Erasmus 0p de Engeische Tooneelliteratuur, etc.). I1 se pourrait, d’ailleurs,
que l'étude des sources permît, à l'avenir, d'ajouter quelques noms à cette liste.
connue que Lyly a pu tout aussi bien cueillir dans les nombreux recueils de citations et de faits mémorables où les gens de l'époque s’approvisionnaient, à peu de frais, de pensée antique.
Cette érudition n’est pas non plus très sûre. Cet « alter Tullius Anglorum », en lisant les Latins, commet des contresens dont rougirait un écolier. Là où Pline dit que « le feu court vers le naphte » et que le cèdre serait « bon pour l'éclairage s’il n'avait l'inconvénient d’entêter », Lyly comprend que « le naphte court vers le feu 1 » et que « le cèdre ôte la vue? ». Dans un autre passage, où l'auteur de l'Hisloire Naturelle nous parle du vernis noir dont Apelle recouvrait ses peintures, Lyly entend qu'Apelle se servait de la couleur noire pour ses fonds 5%. Et ce ne sont là que peccadilles. Il commet parfois des erreurs moins pardonnables, parce qu'elles révèlent chez lui une insupportable légèreté. Lisant dans les Apophlegmes des Lacédémoniens une réponse célèbre d’Agésilas enfant, il attribue ce dit au fils d'Agésilas 4. Il rapporte comme étant de Platon une idée
1. Cf. Pline : « Huic [naphtae] magna cognatio ignium, transiliuntque protinus in eam undecumque visam » (II, cix), et Lyly : « And no lesse force, hath thy beautie ouer me, then the fire hath ouer Naphtha which leapeth into it, whersoeuer it seeth it » (II, 132).
2. « Would mine eyes had bene rubbed with the sirrop of the Ceder tree
which taketh away sight » (I, 210). Pline avait dit : « Cedri sucus.… magni ad lumina usus, ni capiti dolorem inferret » (XXIV, xi). 3. Cf. Pline : « Quod absoluta opera atramento ïillinebat ita tenui, ut id
ipsum repercussu claritates colorum excitaret » (XXXV, xxxvi) et Ly1y : « So in painting, the more colours, the better counterfeit, obseruing blacke for a ground, and the rest for grace » (Campaspe, III, iv, 95).
4. Cf. Plutarque : Er Ôë aida aüroy ôvta, yuuvorædiac youévne, 6 yopomolds NoOTNGEY Elc &onpov rômoy * 0 ÔE éneioôn, xaimep ôn Baoukeds àmodederypévos rai eine "Edye * deilw yap Ote cÙy oi Témou Toùs AvOpas EÉvripouc, GÂN où Gvpes Toûs Tonouç émuSexvdouar (’Amocbiyuara Awxovixa . *Aynoi- \aos, 6), et Lyly : « When (as I remember) Agesilaus sonne was set at the lower end of the table, & one cast it in his teeth as a shame, he aunswered : this is the vpper end where I sit, for it is not the place, that maketh the person, but the person that maketh the place honorable » (II, 39). On remarquera en outre que Lyly a transformé en une place à table ce que Plutarque
qui, en réalité, a été exprimée par Plutarque t; il transforme la pierre de Cilitia, dont parle Pline, en une pierre de Sicilia?; il confond Diomède, roi des Bistones de Thrace, fils d’Arès et de Cyrène, avec le héros homérique du même nom #, et — ce qui est encore plus incompréhensible — To avec Europe et Pluton avec Plutus #; il appelle Archytas de Tarente, Archidamus 5 ; il prête à Auguste une phrase que Suétone dit avoir été prononcée par Néron$ ; il croit que Scyron et Procuste exerçaient ensemble leurs brigandages 7, etc., etc.
D'ailleurs, il est quelquefois difficile de savoir si ces erreurs ne sont pas voulues. Car Lyly n’a pas le moindre respect pour les auteurs auxquels il emprunte et, lorsque
a dit être une place dans des jeux; il a sans doute confondu dans sa mémoire le passage précédent avec un autre passage (Toy émTa coyp@y cuurôaioy. Ch. 3) où l’auteur rapporte que Thales cita cette anecdote en exemple à Alexidemos, lequel se plaignait qu’on lui eût donné dans un festin une place peu honorable pour son rang. Plutarque à également attribué cette réponse à Damonidas ('Axovbéyuara Aaxwvyxa. Aaucwyidæs).
1. Cf. Plutarque, Ilepi œuyñc (ch. v), et Lyly : « Plato would neuer accompt him banished.….. » (I, 314). L'erreur vient de ce qu’une autre pensée de Platon est rapportée quelques lignes plus haut.
2. Anatomy 0f Wit, I, 204, et Sapho and Phao, II, iv, 13. Parmi les pierres à aiguiser Pline mentionne la Cilicia au chapitre XXXVI, xlvii : « Ex oleo et aqua Ciliciae pollent »: mais Lyly a commis l’erreur en prenant la phrase, de seconde main, dans le Petite Pallace of Pleasure de Pettie (fol. 84 v.), qui a dit : « Lyke the Stone of Scilitia, which the more it is beaten, the harder LUNES. 00
3. « We cannot tell whether we are fallen among Diomedes birds or his horses; the one receiued some men with sweet notes, the other bitte al men with sharp teeth » (Campaspe, Epilogue at the Court).
4. « Did not Iupiter transforme himselfe.… into a Bull to beguyle Io? » (I, 236). « The one [knot] was Kknit by Pluto, not Cupid, by money, not loue » (Gallathea, IV, ii, 43-44).
5. « … commonly we see it incident in artificers to be inamoured of their own workes, as Archidamus of his woodden Doue » (Campaspe, V, iv, 13). 6. « … Saying with Augustus when she shoulde set hir hande to any con-
dempnation, I woulde to God we could not writ » (II, 208). Cf. Suetone : « Et cum de supplicio cuiusdam capite damnati ut ex more subscriberet, admoneretur : Quam vellem, inquit, nescire litteras ! » (De Vita Cæsarum, Nero, VI, 10).
7. « Scyron & Procrustes, who framing a bed of brasse to their own bignes, caused it to be placed as a lodging for all passengers, insomuch yt none could trauel yt way, but he was enforced to take measure of their sheets : if he wer to long for ye bed, they cut off his legs, etc... » (II, 97).
besoin est, il ne se fait aucun scrupule d’altérer leur pensée. Toutes les fois qu'un texte ne lui paraît pas assez intéressant ou assez suggeslif, il n'hésite pas à le remanier au gré de sa fantaisie, ici mettant un nom sur un personnage anonyme, là développant une pensée sous-entendue, ajoutant un détail piquant, imaginant même des anecdotes entièrest. Plutarque, par exemple, parle sans le nommer de certain peintre qui, ayant montré une de ses œuvres à Apelle, s’attira une vive critique : Lyly nous apprend que ce barbouilleur s'appelait Aurelius?. De même, la jeune fille inconnue qui, à Sestos, possédait un aigle remarquable par sa fidélité, devient la vierge Sesta3. Pline ayant dit quil existait une statue de Flore par Praxitèle, notre auteur n'éprouve aucun embarras à la dépeindre : lorsqu'on la regardait de face, dit-il, elle pleurait; lorsqu'on la regardait du côté gauche, elle riait; du côté droit elle dormait. Le même Pline ayant décrit les deux coureurs de Parrhasius, Lyly, qui a reproduit ce portrait, ajoute que le peintre mit au bas de son tableau la devise : « No further than colours 5 ». Plutarque ayant fait allusion à la manière
1. Il se peut, d’ailleurs, que pour certaines de ces anecdotes Lyly ait eu des sources qu’il nous reste à découvrir.
2. Cf. Lyly : « Alex. Aurelius would in one houre colour four faces. — Apel. I meruaile in half an houre he did not foure » (Campaspe, III, iv, 76), et Plutarque, Uepi raide ayogñs : Euyeävos paris Gun ’Areddÿ Giga eixova ‘Tatny” Eqn ‘vÜv ÿé papa , 0 0 ‘rai Av pr ns” trev ‘ot Te ray yEypartar * Oavuato dE roc oÙyi TotautTas mAsioue Véyoapas” (ch. 9). Dans « Euphues and Eph®œbus » (I, 271-279), Lyly a traduit le passage de Plutarque avec exactitude.
3. Cf. Lyly : « The Eagle which Sesta a Virgin brought vp, who seeing the bones of the Virgin cast into the fire, threw him selfe in with them, and burnt himself with them » (II, 77), et Pline : « Est percelebris apud Seston urbem aquilae gloria : educatam a virgine retulisse gratiam aves primo, mox deinde venatus aggerentem. Defuncta postremo in rogum accensum eius iniecisse sese et simul conflagrasse » (X, vi).
4. Cf. Pline : « Romae Praxitelis opera sunt, Flora, etc. » (XXXVI, iv), et Lyly : « The Counterfait that Praxitiles made for Flora, before the which if one stoode directly, it seemed to weepe, if on the left side to laugh, if on the other side to sleepe » (II, 77).
5. Cf. Lyly: « Parrhasius painting Hopplitides, could neither make him that ranne to sweate, nor the other that put off his armour to breathe, adding
dont Lysandre élevait ses filles, Lyly croit bon de donner un détail particulier et caractéristique de cette éducation :
Avec une goutte de vin », dit-il, « elles prenaient une cuillerée d'eau ! ». Et pour bien prouver à quel point Diophante étail gâté par ses parents, il affirme avec aplomb qu'un jour le jeune homme « refusa la bénédiction de sa mère pour aller entendre une chanson ? ».
Lorsqu'il s’agit de personnages antiques, Lyly, on le voit, modifie ses textes dans le sens d’une présentation plus pittoresque ou plus dramatique ; lorsqu'il s’agit d'un fait de nature, 1l cherche à en intensifier l’étrangeté ou le merveilleux. Pline rapporte du lion que son haleine est fétide; Lyly déclare que l’haleine du lion engendre le serpent aussi bien que la fourmis. A cette observation assez vraisemblable que la pluie fait naître les chenilles, mais que ces chenilles sont brûlées dès que le soleil luit, Lyly en substitue une autre, assurément plus frappante : lorsque l’arc-en-ciel touche un arbre, nulle chenille ne veut s'y suspendre #. Et
this as it were for a note, No further then colours : meaning that to giue lyfe was not in his Pencill, but in the Gods » (II, 114), et Pline : « Sunt et duæ picturæ ejus nobilissimæ : Hoplitides alter, in certamine ita decurrens, ut sudare videatur : alter arma deponens, ut anhelare sentiatur » (XXXV, xxxvi).
1. Piutarque dit simplement que Lysandre ne voulut pas accepter des robes somptueuses envoyées par Denys le Tyran à ses filles, estimant que ces robes enlaidiraient ses filles. C’est probablement sur ce trait de sévérité que Lyly a imaginé que « the Daughters of Lysander... with a droppe of wine tooke a spoonefull of water » (II, 56).
2, « Ye wanton Diophantus, who refused his mothers blessing, to heare à song » (II, 93). Plutarque avait dit : Atopavroy voùv Toy Oeurotoxkéous mo)- Jaxee Xéyouot gévat » ai T POS moXoùs dc 0 TL ay aÙTO Botknru, Toto xl Le dipe quvdoxei To Ty Afnvainr. ë uêy yap aÙdros ëGËE, ai À phTnp © & À &v ñ pATNO, xui Bepuoroxñs & Ô àv Eeprotorhñs, xui MATE AOnvaætor (Hspi raidmy dywyñs, 2).
3. Cf. Lyly : « The breath of the Lyon, engendreth as well the Serpent, as the Ant » (II, 22), et Pline: « Animæ leonis virus grave » (XI, Cxv).
4. Cf. Lyly : « Where the Rainebowe toucheth the tree, no Caterpillers wil hang on the leaues » (Campaspe, Epilogue at the Blacke Fryers), et Pline : « Sunt ex eadem causa [imbri] nascentes et erucæ, dirum animal... Nascitur hoc malum tepore humido, et lento. Fit aliud ex eodem, si sol acrior insequutus inussit ipsum vitium, ideoque mutavit » (XVII, xxxvii).
des os du lion, dont Pline a dit qu’ils sont « si durs qu'on en tire des étincelles comme d’un caillou », il raconte avec une inimitable fantaisie que « lorsqu'on ne les remue pas, ils commencent à pourrir ; mais que si on les frappe l’un contre l’autre, ils s’enflamment et reverdissent 1 ».
Dans les exemples précédents, Lyly, s'il traite ses autorités avec irrévérence, reste du moins dans une sorte de demi-vérité. Il enjolive, il amplifie, mais il garde contact avec la pensée antique. Il arrive, tout aussi souvent, qu'il ne prenne même pas la peine de se reporter à un texte authentique; et là où ses connaissances n'atteignent pas, il s'ouvre une inépuisable veine de comparaisons en inventant les exemples dont il a besoin. Son ingéniosité devient alors merveilleuse. Il tisse ses supercheries avec une si grande habileté qu'il désarme presque la critique. Tantôt il renouvelle une anecdote connue en la mettant au compte d'un autre personnage : à l'exemple de Pygmalion, Apelle tombe amoureux du portrait de Campaspe? ; la Vénus inachevée d’Apelle se transforme en un Jupiter que les « vieux peintres de la Grèce » ne purent pas terminer $. Tantôt sur le modèle d’un minéral ou d’un végétal, il imagine un autre minéral ou végétal, possédant mêmes propriétés : le polion ayant, d’après Pline, le matin des feuilles blanches et le soir des feuilles bleues, Lyly nous révèle que l'herbe « Salamint » prend des teintes différentes selon les
1. Cf. Ly1y : « The bones of the Lyon, which Ilying stil & not moued begin to rot, but being striken one against another break out like fire, and wax greene » (II, 143), et Pline : « Leoni in feminum et brachiorum ossibus paucis exigua admodum : sed iis in tanta duritia, ut ignis elidatur, velut e silice » (Bus 1heSarE
2. « Pigmalion for beautie, loued an Image of Iuory, Appelles the counterfeit of Campaspe » (II, 59).
3. « The olde paynters in Greece, who drawing in theyr Tables the portrature of Jupiter, Were euery houre mending it, but durst neuer finish it » (II, 40). Cf. « Appelles dyed not before he could finish Venus, but before he durst » (II, 6).
heures de la journée 1. Le jais reçoit, comme l'ambre, le pouvoir d'attirer des pailles légères ?. Ou encore, Lyly crée des personnages nouveaux en changeant le sexe d'un personnage connu, telle Arachné qui devient un artiste 8. Par un procédé analogue, il enrichit le monde des êtres animés en faisant passer un animal d’une famille dans une autre; par exemple, l'insecte Piralis de Pline est métamorphosé en un oiseau pouvant, comme le caméléon, changer de cou- Lur*
Lyly affectionne les inventions qui peuvent se réclamer, comme celles-ci, d'exemples analogues et connus. Elles ont évidemment l'avantage de ne pas heurter de front la mémoire du lecteur et de tirer du fait sur lequel elles ont été modelées une forte vraisemblance. Mais que cette source vienne à se tarir et Lyly n'hésite pas à faire purement et simplement appel à son imagination pour créer une mythologie et une histoire naturelle entièrement fictives. Avant lui, on ne savait certes pas que Médée eût sur le dos une marque qui ressemblait à une feuille, ni que Callisto eût un oiseau dessiné sur le sein 5, ni qu Arellius eût peint une
1. « Polion herbam.. folia ejus mane candida, meridie purpurea, sole occidente cærulea aspiciuntur » (Pline, XXI, xxi). « Salamints, which in the morning are white, red at noone, and in the Euening purple » (Loves Metamorphosis, I, ii, 4). Par une autre déviation, Lyly créé l’ « Anyta, which being a sweet flower at the rising of the sunne, becommeth a weede, if it be not pluckt before the setting » (Sapho and Phao, II, i, 91).
2. « Women are to be drawen by their coyned & counterfait conceipts, as the straw is by the Aumber » (II, 138); « the Iette gather vp the light strawe » (I, 228).
3. « We see it incident in artificers to be inamoured of their own workes, as Archidamus of his woodden Doue, Pigmalyon of his iuorie Image, Arachne of his wodden swan » (Campaspe, V, iv, 13).
4. « The bird Piralis sitting vpon white cloth is white, vpon greene, greene, and changeth hir coulour with euery cloth » (Lyly, II, 93). Pline a dit : « Appellatur pyralis, a quibusdam pyrausta. Quamdiu est in igne, vivit : quum evasit longiore paulo volatu, emoritur » (XI, xlii).
5. « If any print on her backe like à leafe, it is Medea : if any picture on her left breast like a birde, it is Calisto » (Gallathea, III, iv, 10).
Vénus Cnydia1, ni que Zeuxis eût fait une statue de Ganymède ?, ni que Phidias eût débuté en dessinant son propre portraits. Et les historiens ne manqueront pas d'être surpris en apprenant qu'existèrent certains personnages fameux ayant nom Asiarchus, Biarus 4, Amphionax 5, Thessalides 6, Theocrita? et Aclinaë. Plus nombreuses encore sont les inventions de Lyly en histoire naturelle; ce ne sont pas non plus les moins fantastiques de sa collection. J'en ai déjà cité quelques-unes : la pierre de Cizico, la Pansura, l'escargot transformé en crapaud®; on pourrait en ajouter bien d’autres : l'arbre Salurus dont la racine plonge dans de l'acier, mais dont le sommet porte des feuilles d'or #1; la boue syrienne qui est transformée en craie par le soleil et ne cesse dès lors de courir jusqu'à ce qu'elle ait trouvé de l'ombre #, et surtout la perle de l’impudence lylienne, le
1. « Ye cause yt made Arellius (whose arte was only to draw women) to paynt Venus Cnydia catching at the ball with hir hand, which she seemed to spurn at with hir foote » (II, 131).
2. « When the counterfeit cf Ganimedes was showen at a market, euery one would faine buye it, bicause Zeuxis had there-in shewed his greatest cunning » (II, 59).
3. « The first picture that Phydias the first Paynter shadowed, was the protraiture of his owne person, saying thus : if it be well, I will paint many besides Phydias, if ill, it shall offend none but Phydias » (II, 3).
4. « Asiarchus forsakinge companye, spoyled himselfe with his own bodkin : Biarus a Romaine, more wise then fortunate, beeing alone destroyed himselfe with a potsherd » (I, 256).
5. « Whether Euphues lympe with Vulcan, as borne lame, or go on stilts with Amphionax, for lack of legs... » (II, 7).
6. « Nor your filed speeches, were they as forcible as Thessalides » (Loves Metamorphosis, I, ii, 64).