I OO OR
de la phrase, on ne peut manquer d'être frappé par ce fait que les caractères de l'euphuisme — le balancement à tendance isochrone, les cliquetis de mots sous les formes diverses d’assonances, de consonances, de rimes et d’allitérations — sont tous des caractères essentiellement poétiques. Et c'est évidemment en la recherche d'une prose approchant le plus possible de la forme poétique que consiste le stylisme de Lyly.
Mais dans cette recherche Lyly est allé un peu loin. Très souvent, pour ne pas dire presque toujours, son style tombe dans une sorte de rythme tellement net que certain critique { y a voulu voir des « vers blancs tétramètres à rares licences ». Voici, en effet, un passage que l’on pourrait invoquer comme preuve de cette assertion :
And seeing we resemble
(as you say) each other in qualities,
it cannot be that the one
should differ from y° other in curtesie,
seeing the sincere affection of the minde
cannot be expressed by the mouth,
& that no arte can vnfolde
y° entire loue of the heart,
T am earnestly to beseech you
not to measure the firmenesse of my faith,
by the fewnes of my wordes,
but rather thincke that the ouerflowing waues of good will leaue no passage for many woords.
Tryall shall proue trust,
heere is my hand, my heart, my lands
and my lyfe at thy commaundement :
Thou maist well perceiue that I did beleeue thee, that so soone TI dyd loue thee,
and I hope thou wilt the rather loue me,
in that I did beleeue thee ?.
1. Goodlet dans Englische Studien, 1882, 356-363. 2. Works, I, 198-199.
Et comme, d'autre part, le paragraphe est construit sur un principe de symétrie, il s'ensuit que l'on peut même retrouver dans certains passages comme des ébauches de strophes. Child a, par exemple, décomposé le Prologue d'Endimion, en strophes irrégulières, mais nettement marquées par la présence d'un refrain :
Most high and happy Princesse,
We must tell you a tale
Of the Man in the Moone,
Which if it seeme ridiculous for the method, Or superfluous for the matter,
Or for the meanes incredible,
For three faultes
Wee can make but one excuse.
It is a tale
Of the Man in the Moone.
It was forbidden in olde time
To dispute of Chymera,
Because it was a fiction :
We hope in our times
None will apply pastimes,
Because they are fancies;
For there liueth none vnder the Sunne, That knowes what to make
Of the Man in the Moone.
Wee present neither Comedie, nor Tragedie, Nor storie, nor anie thing,
But that whosoeuer heareth may say this, Why heere is a tale
Of the Man in the Moone.
Dans cette exagération de la forme rythmée réside le grand défaut de l'euphuisme. Assurément l'union entre la prose et la poésie n’est pas impossible : nous verrons même