‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 21 sur 321 · Cf. App. A, xi, et page précédente, n · texte numérisé non relu

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3. A. Wooû (Athenæ Oxonienses, I, 302), jouant sur le nom de Lyly et sur les trois fleurs de lis que Magdalen College porte dans ses armes, a dit, à propos de George Lyly : « Which house was seldom or never without a Lyly (understand me, not that it bears three lilyes for its arms)... ». Wood avait-il dans l'esprit les liens de parenté qui unissaient William, George et John? Ce n’est pas impossible, car cette parenté devait être chose connue dans le monde des érudits.

au savoir le tribut qu'on lui doit, se faisait remettre par les deux vice-chanceliers la liste des jeunes gens qui, par leur intelligence, promettaient de se distinguer; et sur ces listes, elle choisissait elle-même ses chapelains, ses secrétaires, voire ses ambassadeurs 1. Le petit John était à n'en pas douter un enfant précoce; tout faisait prévoir qu'il ne passerait pas inaperçu; et, en l'envoyant dans cette pépinière réputée des grands hommes, Peter Lyly pouvait se féliciter d'avoir trouvé le moyen infaillible de satisfaire sa double ambition touchant l'éducation et l'avenir de ses enfants.

Mais, si l’université d'Oxford était indiscutablement une antichambre de la Cour, elle ne pouvait prétendre avec une égale justice au titre d'asile du savoir. Le temps des Linacre, des Grocyn, des Colet, des William Lyly et des Thomas More n'était plus. L'on avait pu croire un instant que la vieille université allait assurer le triomphe du mouvement régénérateur qui faisait frissonner l'Europe entière; mais ce n'avait été qu'une excitation passagère, qui était tombée avec l'enthousiasme des premiers humanistes. Les vieux « roquets aboveurs, disciples de Duns Scott » dont Tyndale, en 1531, constatait avec fureur le retour offensif ?, étaient restés les maîtres du champ de bataille. Il est vrai que la réforme de 1549 et celle d'Elizabeth avaient introduit dans le système d'éducation les études classiques et chassé ignominieusement la théologie scolastique $. Mais l'esprit scolastique n'était pas mort. Les programmes étaient toujours basés sur la division moyenâgeuse des sept arts#. On commençait par aiguiser l'esprit des étu-

. Wood, History and Antiquities of Oxford, II, 278.

. Answer to Sir Thomas More, 75.

. Huber, Englische Universitäten, 2? Band, 8-12 et 58 sqq.

. Voir l’excellente Introduction de A. Clark au deuxième volume du

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diants aux subtilités de la grammaire, de la logique et de la rhétorique : c'étaient les matières préparatoires à l'examen de Bachelor of Arts, et elles correspondaient à l'ancien {rivium. Pour l'examen de Master of Arts, les études portaient sur utraque philosophia, c'est-à-dire sur les sciences naturelles et la métaphysique, auxquelles on ajoutait un peu de musique : c'était l'antique quadrivium. Ces études étaient poursuivies avec tous les procédés vieillis de la scolastique. Les quiddités, entités, suppositalités et autres « vocables monstrueux », dénoncés par Ramus, hérissaient toujours le jargon des logiciens ‘. Le syllogisme régnait en maître; sa sèche ossature dominait impérieuse et tyrannique tous les exercices universitaires. On ne jurait que par lui; l'édification d'un raisonnement impeccable était pour la plupart des pédagogues d'Oxford le but unique du savoir; et en son honneur avaient été conservées les disputes publiques, mises à la mode par les théologiens loquaces du moyen âge. C’étaient bien là les « temps ténébreux et sentant l'infélicité et calamité des Gothz, qui avoient mis à destruction toute bonne littérature ? » !

Et comme l'on peut s’y attendre en un lendemain de réaction, Jamais l'inertie intellectuelle n'avait été aussi complète à Oxford 3. Tous les témoignages, qu'ils viennent de pamphlétaires prévenus comme l’auteur de Leicester’s

Reg. Univers. Oxford, où est exposé, avec une clarté remarquable, tout ce que l’on sait sur l’état des études à Oxford, au XVI siècle.

1. Lyly s’est moqué des quiddités et des logiciens (V., en particulier, Works, 1, 272, et passim).

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