Puttenham, Arte of English Poesie, III, ii
anglais. Mais son influence fut certainement doublée de celle de tous les écrivains, grecs ou latins, qui avaient cultivé la prose artistique, et soutenue par les préceptes que répandaient les manuels de rhétorique anglais ou anciens. À ces mêmes rhétoriques, tout autant qu'aux modèles offerts par les textes grecs et latins, est également dû le goût des comparaisons empruntées à l'histoire ou à la mythologie antiques et à l'histoire naturelle. Et enfin, à cette double influence, vint s'ajouter l'influence nationale de la poésie qui, non seulement confirma les stylistes dans leur recherche d’une prose rythmée, mais encore apporta avec elle un élément nouveau et qui lui était propre : l'allitération.
Dire la part que ces diverses influences ont eue dans le développement de l'euphuisme est impossible. Elles sont de natures trop connexes et de caractères trop semblables pour que l’on puisse les démêler l’une de l’autre dans la langue unique qu’elles ont contribué à produire. Il est probable qu'elles ont dû s'exercer selon des lois très compliquées d’inter-action continue. Mais ce qui est certain, c'est que ce développement de l'euphuisme fut pendant longtemps assez lent. Un écrivain comme Ascham, qui a, lui aussi, le balancement, l’antithèse, la rime, l'assonance, l'allitération et les comparaisons, s'il marque un progrès sur More ou sur Fisher, est néanmoins plus près de ceux-ci que de Lyly. Il faut arriver jusqu'à l’année 1576, pour constater dans l’évolution du style euphuistique le premier « moment » décisif. Petlie avec son Petite Pallace of Pleasure ? a plus fait pour établir définitivement la formule, telle que nous l’avons trouvée appliquée dans Lyly, que tous ses prédécesseurs pendant trois quarts de siècle ; car c’est lui