‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 221 sur 321 · Dickenson, Arisbas, Euphues amidst his stumbers · texte numérisé non relu

Dickenson, Arisbas, Euphues amidst his stumbers

5. Lodge, Rosalynde, Euphues Golden Legacie found after his death in his Cell at Silexedra. Bequeathed to Philautus sonnes, etc. (1590).

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parties de la rhétorique, la propriété des termes, l'énergie des sentences, la beauté des tropes, l’aisance de la diction, la clarté du sens, et assurément, à mon avis, ils lui accorderont ce verdict rendu par Quintiien sur les deux plus grands orateurs, Démosthène et Cicéron : à l’un on ne peut rien retrancher, à l’autre on ne peut rien ajouter t ». Cet éloge exagéré fut endossé par la majorité des Anglais, et dès que l’Euphues eût tiré le « Pettyisme » de la demiobscurité où il s'était développé, ce style s'imposa comme langue littéraire. Qu'il soit atténué comme dans Warner ?, intermittent comme dans Lodge 3, exagéré comme dans les

1. « I thinke there is none that will gainsay, but Master Iohn Lilly hath deserued moste high commendations, as he which hath stept one steppe further therein then any either before or since he first began the wyttie discourse of his Euphues. Whose workes, surely in respecte of his singuler eloquence and braue composition of apt words and sentences, let the learned examine and make tryall thereof thorough all the partes of Rethoricke, in fitte phrases, in pithy sentences, in gallant tropes, in flowing speeche, in plaine sence, and surely in my iudgment, 1 thinke he wyll yeelde him that verdict, which Quintilian giueth of bothe the best Orators Demosthenes and Tully, that from the one nothing may be taken away, to the other, nothing may be added » (W. Webbe, À Discourse of English Poetrie, p. 46). — De même I. Eliote, en 1588, parmi les « raffineurs de l'Anglais » ne citait que Greene et Lyly (Sonnet en tête du Perimedes de Greene).

2. « Pan his Syrinx, OT Pipe, compact of Seven Reedes : including in one, seven Tragical and Comicall Arguments. By William Warner » (1584). Le livre se compose de sept contes en prose, encastrés dans le récit des aventures survenues à trois Assyriens, Sorares et ses fils Atys et Abynados. Par le genre cet ouvrage ne rappelle en rien les deux £uphues de Lyly; mais le style a le balancement antithétique, et des comparaisons (moins nombreuses que chez Lyly), l’abus de l’allitération et des rimes. Un court exemple suffira : « But hope ouercomming dispaire, for that in the one is possibilitie, in the other no remedie, knowing that as the Gods haue power by iustice to punish, so they haue will by mercie to pardon, and considering that Fortune is painted with two faces, frowning with the one, and smiling with the other, that winter doth bite but sommer burnish, we haue made necessitie a vertue, continuance a custome, and patience our protector » (Ch. 2). Le rythme de la phrase est cependant moins net que chez Lyly, arrondi qu’il est par la recherche d’un certain moelleux dans l’harmonie de la période; il n’y a aucune comparaison avec des faits de nature inventés.

3. À certains moments, en effet, Lodge imite de très près le style de Lyly. J1 à alors une préférence marquée pour les longs discours ou monologues, et il emploie le balancement, les rimes, les allitérations, les antithèses, les allusions à l'antiquité et les comparaisons avec l’histoire naturelle. Mais très souvent aussi, comme s’il se fatiguait de suivre son modèle, l’auteur prend

premiers romans de Greene 1, il colore les œuvres de tous les romanciers. Il pénètre des genres où l'on ne s’attendrait guère à le trouver, car il n'est pas rare d'en découvrir quelques paillettes jusque dans le courant bourbeux de pamphlétaires comme Charles Gibbon? et Gosson3; des grammairiens comme Mulcaster“ n'hésitèrent pas à se parer de ses charmes frivoles; il devint la langue adoptée par les gens de cour 5; il piqua même quelques grâces fleuries et minaudières sur les lèvres des petites bourgeoises 6.

En contribuant ainsi à généraliser l'emploi de ce style, Lyly a rendu à la prose anglaise un service immense. Et ici ses défauts mêmes ont été précieux. La rigueur et la monotonie de ses procédés ont eu cet avantage d'empêcher les efforts des stylistes de se manifester sans mesure et d'une manière fantaisiste; les mouvements rythmés de la phrase lylienne ont été pour la langue comme une sorte de gymnastique suédoise; elles l'ont obligée de se plier à des formes précises et rien n'est bon comme ce genre de

un style souple et somptueux. Il y à, d’ailleurs, une différence selon que l’on prend tel ou tel roman. Dans Rosalynde ou dans The Life of Robert Duke of Normandy l'imitation de Lyly est plus constante; dans À Margarite of America, elle est à peine sensible.

1. Au début, Greene renchérit sur Lyly lui-même et accumula, non seulement les procédés structuraux de la phrase lylienne, mais encore les faits de nature inventés. Dans la seconde partie de sa carrière, il imita le style de Sidney.

2. Not so New as True. Being a verie necessarie Caveat for all Christians to consider of. Wherein is truely described the iniquitie of this present time, by occasion of our confused living : And justlie approved the world to be never worse, by reason of our contagious leaudnes (1590).

3. Dans son Schoole of Abuse (1579). Toutefois, étant donné que depuis la publication de l’£Euphues il s'était écoulé un an seulement, on est en droit de se demander si Gosson a été influencé par Lyly. La ressemblance entre les deux auteurs pourrait, en effet, s'expliquer très facilement si l’on admet qu'ils copiaient même modèle : Petty. C’est là, d’ailleurs, une objection valable pour tous ceux que l’on range parmi les imitateurs de Lyly.

4. Voir, en particulier, la dédicace des Positions. for the training vp of Chitdren (1581).

5. Voir, page 95, note 2, la préface de Blount aux Sixe Court Comedies.

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