‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 24 sur 321 · Voir Appendice A, xvii · texte numérisé non relu

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4. Ce détail physique est en quelque sorte impliqué dans les épithètes dont s’est servi Harvey pour qualifier son ennemi. Mais nous savons en outre par Nash que Lyly était de petite taille : « Marke him well : he is but a little fellow, but hee hath one of the best wits in England » (Strange News of the Intercepting certaine Letters (1592), Works, I, 300).

la jeunesse qu'il fréquente assidûment le ton dégagé et l'impudence de l’homme conscient de sa supériorité intellectuelle. Grand escrimeur en ses propos, il parle d'abondance et brillamment; il sait, d'instinct, tourner la phrase et lui donner du premier coup cette apparence de fini et d'élégance qui trompe sur la véritable valeur de la pensée. De ses lectures, il a retenu, car il a une excellente mémoire, tout un fonds d’allusions empruntées à l'antiquité classique, et il en émaille son discours. Quelque chose du charme de ces vieux pensers rejaillit sur celui qui s'en pare et on le déclare éloquent. Parfois son bavardage intarissable, l'attrait irrésistible d'un brocard font perdre à sa langue toute retenue : « il use de la plaisanterie sans modération et il abuse de la gaieté sans mesure! ». Mais il est si primesautier que l’on passe à son impertinence ce quelle a de choquant. Les étudiants, ses compagnons, l’aiment, car il égaie leurs réunions par ses saillies et ses satires contre les pratiques surannées de l’université, et les barbes grises pardonnent au jeune homme son irrévérence, en faveur de son esprit ?.

1. D’Euphues Lyly à dit : « that he gaue himselfe almost to nothing, but practising of those things commoniy which are incident to these sharp wits, fine phrases, smoth quipping, merry taunting, vsing iesting without meane, & abusing mirth without measure » (I, 184). Or, nous verrons plus loin (p. 7%) que Lyly s'était peint dans le personnage de son héros.

2. 11 se pourrait même qu’il eût fait pis. Nous verrons (p. 275), en étudiant l’Anatomy of Wit, que Ly!ly, dans cet ouvrage, a rapporté certaine aventure qui s'était passée à Brackley, et dont John Thornborough, le futur évêque de Limerick, avait été la victime. Si Euphues est Lyly, devons-nous admettre cette identification avec toutes ses conséquences, et attribuer à Lyly luimême le rôle qu’il a prêté à son héros ? Dès lors ce serait notre auteur qui aurait trompé John Thornborough avec la volage fille du maire de Brackley. La chose n’est pas impossible. Thornborough était étudiant à Magdalen College en même temps que notre auteur, et les deux jeunes gens, après être entrés au collège la même année, firent ensemble leurs études, obtenant leur grade de Bachelor of Arts à quelques jours de distance (Clark, Reg. Univ. Oxford, II, iii, 27). I1 est assez naturel de supposer qu'ils étaient liés d'amitié. N'oublions pas aussi que Harvey, en parlant de Lyly, a dit : « Dubble V. [c’est le nom dont Lyly avait signé son pamphlet intitulé Pappe with an

L'ÉDUCATION DE LYLY 35

S1 Lyly négligeait les exercices académiques et donnait peut-être trop de temps aux frivolités et jeux d'esprit, il n oubliait pourtant pas de préparer son avenir. Il savait que les grades universitaires étaient un viatique indispensable à ceux qui voulaient faire leur chemin, et, en 1573, le 1% avril, il « sollicita », comme on disait, « la permission de discourir sur un livre d'Aristote ». Cette grâce, qu'il appréciait sans doute fort médiocrement, lui fut naturellement accordée et, vers la fin de l’année, il obtint le grade de Bachelor of Artist. Ayant ainsi fait preuve officielle de savoir, il jugea que le moment était propice pour exploiter les protections qu'il avait à la Cour. Parmi les gens en place qui lui avaient marqué de l'intérêt était Lord Burghley. Plusieurs fois déjà, et de son propre mouvement, le ministre d'Elizabeth avait donné à John Lyly des preuves de sa bienveillance et de sa générosité; il ne serait même pas impossible qu'il eût contribué de ses deniers à l'éducation du futur Euphuiste ?. Aussi, lorsqu'au mois de mai 1574, une place se trouva vacante parmi les fellows de son collège, Lyly se mit en tête de l'obtenir et, en son

Hatchei] is old-excellent at his Cornu copiæ; and I warrant you, neuer to seeke in his Horne-booke : but debarre thossame horeson Tales of à tubb:; and put him beside his Horning, Gaming, Fooling, and Knauing : and he is no boddy.….. (Pierces Supererogation, Works, II, 129).

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