Voir Appendice A, xiv
2. Dans la lettre de 1574 (V. App. A, xv), Ly1y se dit « alumnus » de Lord Burghley et l'appelle patronum meum colendissimum; le mot munifica pourrait aussi se rapporter à des secours d'argent que Lyly aurait reçus. Peut-être avons-nous le droit de supposer que Ly1y fut admis à Oxford grâce à l’aide de Burghley. Car, n’entrait pas à l'Université qui voulait. Si nous en croyons Stubbes (Anatomy of Abuses, 2nd Pt, 19-20), « à moins de pouvoir donner au régent ou au prévôt du collège dix livres, vingt livres, quarante livres, quelquefois même cent livres, ou encore une paire de bœufs gras ou une couple de chevaux hongres, le garçon le mieux doué avait peine à se faire aûmettre. » Il était toutefois un mot de passe plus puissant encore : la recommandation d’un grand personnage. Le père de Lyly était cependant dans une aisance suffisante pour envoyer son fils à l’Université sans avoir à solliciter la protection du ministre d’'Elizabeth.
meilleur latin ! — il connaissait sans doute les points faibles de son protecteur ? — il sollicita du puissant ministre une recommandation de la reine auprès des autorités de Magdalen 3.
La requête n'avait en soi rien qui doive nous surprendre. Nul règlement ne s'opposait à ce que Lyly obtint la place qu'il convoilait; et, au point de vue courtisanesque, pareille démarche était des plus naturelles. Elizabeth faisait de louables décrets contre les « abus dans les nominations universitaires # », mais elle était la première à les violer’,
1. La latinité de cette lettre n’est pas des plus pures : les solécismes ne sont pas rares (pro e0 ac decet au lieu de pro eo ut; ut ad Magdalenenses. quo au lieu de quae ad M... ut); tibi tanquam au lieu de te tanquam; nec aliquid esset au lieu de neque quidquam; opt. & max. au lieu de opt. max.); et si Lyly à su parfois imiter assez bien l’envol de la période cicéronienne (ce qui révèle chez lui une certaine aptitude à saisir rapidement le rythme général et le génie d’une langue), il emploie, néanmoins, sans discernement les mots de l’époque classique et ceux de la basse latinité (sanctimonia, facultatulae, etc.). Evidemment, Lyly n'avait guère fait effort pour approfondir la langue dans laquelle il s’exprimait, et son érudition est ici. comme elle le sera plus tard, superficielle. Je saisis cette occasion de remercier mon collègue, M. Macé, dont l’aide m'a été très précieuse toutes les fois que j'ai eu à me servir de documents latins.
2. Burghley conseillait à son fils Thomas, qui était alors sur le Continent, de toujours écrire en latin ou en français (V. State Papers, Dom. Eliz, vol. XIX, n° 35).