Harrison, Description of Engiand, BK. II
7. Courtier finit même par devenir synonyme d’amant (V. Lyly, Midas, IV, iv, 26). Sur l’amour, distraction préférée des italianisants, voir Ascham Works, IV, 165.
visages souriants, airs entendus, signes, gages et gageures! » ; et, dans son Boccace ou son Pétrarque?, il puisait discours subtils et lieux communs, sous l’élégante galanterie desquels il déguisait la grossièreté d'inavouables intentions.
Mais ce n'étaient là que légèretés pardonnables à côté des vices plus graves que les jeunes Anglais rapportaient de leurs voyages. À l'école de fourberie et d'assassinat 3 qu'était l'Italie de la Renaissance, ils s'étaient laissé inculquer des théories abominables. Ne les entendait-on pas dire cyniquement : « On ne doit observer la bonne foi et la vérité que lorsqu'il n'en résulte aucune gêne personnelle ». Et aussi : « On ne doit pardonner qu'après s'être vengé # ». Il y avait pis encore. Ils revenaient profondément indifférents à toute religion. « Ils considéraient comme des fables les saints mystères de la religion » ; « toute la loi et les cérémonies, les psaumes et les prophètes, le Christ et l'Evangile, Dieu et le diable, le ciel et l'enfer, la foi, la conscience, le péché, la mort, tout, ils avaient tôt fait de l'expliquer par un demi-vers d'Horace : « Credat Judaeus Apella 5 ». Ils disaient : « Que me parlez-vous de Dieu, si j'ai pour moi les lois du royaume et mon prince? Et encore : « Celui qui a souci de la religion est un sot ; plus sot encore est celui qui se départ d'une parcelle de sa richesse ou qui se met en embarras pour la religion ; mais celui qui consent à perdre la vie pour sa religion est complètement fou et mérite d’être considéré comme le plus sot de tous 6 ». Les athées devenaient légion; le mot était
. Ascham, Works, IV, 165.
. Nash, Pierce Penniles (Works, I, 186).
. Harrison, Description of England, BK. II, 130. . Ascham, Works, IV, 161-162.
6, Harrison, Description of England, BK. IT, 130.
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autrefois inconnu des Anglais ; il n'était maintenant que trop bien compris {.
Ainsi, le fils de la nouvelle Angleterre était juste l'opposé du type idéal qu'avaient rêvé les premiers humanistes, et que rêvait encore leur famille spirituelle. Car les pédagogues avaient fait souche, et ils avaient transmis Intactes à leurs descendants et leurs idées et leurs méthodes. Des hommes comme Cheke, Smith, Wilson, Ascham, Haddon, Harrison, qui constituaient la seconde phalange des réformateurs, ne poursuivaient pas d'autre but que le triomphe de la religion et de la vertu par le savoir antique ?. Eux aussi, ils étaient tous des pédagogues ou, du moins, ils prenaient un intérêt capital aux questions d'éducation. La seule chose qui distinguât ces nouveaux humanistes de leurs prédécesseurs, c'est qu'ils étaient de fermes protestants, de nom comme de convictions 3. Au renouvellement de leur foi, ils avaient perdu un peu de cette tolérance, faite pour beaucoup de vagues et inconscientes révoltes contre le catholicisme, qui caractérisait les Colet, les Lyly, les Linacre. Ils avaient, au contraire, pris une certaine âpreté intransigeante où bouillaient encore les rancœurs amassées au cours des luttes soutenues pour l'émancipation de leur conscience. Mais cette âpreté et cette intransigeance ne faisaient que rendre plus aigu le désappointement qu'ils éprouvaient en constatant cette faillite de leurs efforts. C'était tout leur plan d'éducation qui s’effondrait. Il leur fallait renoncer à cet idéal du gentleman anglais qu'ils