‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 32 sur 321 · Ascham, Works, IV · texte numérisé non relu

Ascham, Works, IV

2. Ascham définit ainsi le but qu’il a poursuivi en écrivant son Schoolmaster : « In writing this book, I have had earnest respect to three special points :; troth of religion, honesty in living, right order in learning » (Works, IV, S6).

3. I1 y avait bien, parmi les premiers humanistes, quelques adhérents de la Réforme, comme Elyot et Latimer, mais ils étaient l'exception. Il est toutefois assez difficile de distinguer entre un catholique comme Colet et un protestant comme Elyot.

avaient rêvé vertueux et religieux sous le vernis antique; c'élait le caractère même de la Renaissance telle qu'ils l'avaient orientée depuis le début qui se trouvait changé ; c'étaient les efforts de plus d'un demi-siècle qui étaient réduits à néant !

Sous le coup de ce désappointement, leur cœur s'emplissait d'impatience, de colère et de crainte. Ces hommes sérieux et graves s'irritaient au spectacle des manières efféminées, affectées et ridicules des italianisants. Leur patriotisme frémissait à la pensée des dangers que faisait courir à leur pays cette introduction des mœurs étrangères. C'en était donc fait des vieilles vertus civiques de l’Angleterre ! À la loyauté proverbiale de l'Anglais allait donc succéder la dissimulation de la fourbe Italie ? Et qu’allait-1l advenir de la stabilité du royaume, si les hommes qui devaient un jour occuper les postes importants de l'Etat prenaient leurs lecons de politique dans des villes où chacun avait le droit de discourir contre le gouvernement établi et où les factions s'entre-déchiraient 1? Le souvenir de la guerre des Deux-Roses n'était pas encore effacé et l'on savait ce que coûtaient les luttes fratricides ?. Mais ce qui peut-être exaspérait le plus les colères des humanistes protestants, c'était de voir les italianisants professer ouvertement l'irréligion. Non seulement, ils frissonnaient en leur conscience d'entendre ces blasphèmes, mais, au contact abhorré de l’athéisme, leur haine du papisme trouvait un nouvel aliment. Dans ces propos tenus pour la débauche des âmes, ils croyaient découvrir une ruse infernale du catholicisme éperdu3. Ces idées ne venaient-elles pas

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