Ascham, Works, IV
2, Le souvenir de cette guerre fut rappelé à Elizabeth, en 1563, par le Parlement, lorsqu'il s’agit de décider la reine à se marier (Froude, AHist. of EngLl., VII, 89).
3, Ascham, Works, IV, 158-159.
d'Italie, l’antre mystérieux où la papauté ne cessait depuis des siècles de préparer ses charmes et ses sortilèges ? C'étaient des Anglais qui se faisaient les complices de cette perfide machination, au moment même où l'Angleterre, grâce à la vertu de sa bonne reine, avait enfin secoué le joug insupportable ! Et dans leur alarme, exacerbée par les frémissements de leur colère, ils avaient déjà une hallucinante vision du jour où le « marais stagnant du papisme » recouvrirait et infecterait à nouveau l'Angleterre t !
C'est à ces angoissantes préoccupations de l'humanisme protestant que répondait l’Anatomie of Wit, dans sa portée et ses intentions générales comme dans sa substance. C'était pour démontrer les dangers de l'italianisme qu'avait été choisie l’histoire d'amour que l’auteur nous racontait dans la première moitié de son livre. Le héros en était un jeune Athénien — les contemporains lisaient : Oxonien? — du nom d'Euphues. Ce nom était à lui seul un manifeste, car il était emprunté au Schoolmaster d'Ascham 3, c'est-à-dire
1. Ascham, Works, IV, 159. Elizabeth et ses ministres se préoccupaient, précisément à ce moment-là, de cet état de choses. En juin 1580, on rédigea une proclamation ordonnant à toutes les personnes qui avaient des enfants ou parents sur le continent de les faire rentrer en Angleterre. Et des circulaires furent envoyées par le Conseil Privé à tous les évêques, leur dénonçant les dangers de l'éducation à l'étranger, où les jeunes gens étaient « nourseled and nourished in papistrie » (Aïkin, Court of Elizabeth, II, 85).