PEYRE
Is he, that is apt by goodness of wit, and appliable by readiness of will, to learning, having all other qualities of the mind and parts of the body, that must another day serve learning; not troubled, mangled, and halved, but sound, whole, full, and able to do their office; as, a tongue not stammering, or over-hardly drawing forth words, but plain and ready to deliver the meaning of the mind; a voice not soft, weak, piping, womanish, but audible, strong, and manlike; à countenance, not Wweerish and crabbed, but fair and comely; à personage not wretched and deformed, but tall and goodly; for surely, a comely countenance with a goodly stature giveth credit to learning, and authority to the person; otherwise, commonly, either open
au livre qui, une dizaine d'années auparavant, avait révélé avec une courageuse violence la maladie sociale dont souffrait l'Angleterre, et qui n'avait pas cessé, depuis sa publication, d'être le point de ralliement de tous les patriotes érudits et pieux. Le caractère d'Euphues était également inspiré du passage où ce même Ascham avait décrit le gentleman parfait selon l'idéal des humanistes : il était de bonne naissance et, à la beauté du corps, il unissait une vivacité d'esprit qui le rendait particulièrement apte à recevoir la précieuse semence de savoir. Mais il avait des parents faibles et insouciants, qui, négligeant son éducation, lui avaient, dès sa plus tendre enfance, laissé la bride sur le cou : « Quand les parents mettent de l'or entre les mains de la jeunesse, alors qu'ils devraient avoir un fouet à la ceinture... il nest pas étonnant que le fils, enrichi par les dernières volontés du père, se dissipe de sa propre volonté? ». C'est ce que fait Euphues. À un moment où
contempt or private disfavour doth hurt or hinder both person and learning; and even as à fair stone requireth to be set in the finest gold, with the best workmanship, or else it leeseth much of the grace and price; even so excellence in learning, and namely divinity, joined with a comely personage, is a marvellous jewel in the world » (Works, IV, 106-107).
1. « A young gentleman of great patrimonie, & of so comely a personage, that it was doubted whether he were more bound to Nature for the liniaments of his person, or to fortune for the encrease of his possessions. But Nature impatient of comparisons, and as it were disdaining a companion, or copartner in hir working, added to this comlinesse of his body suche a sharpe capacitie of minde, that not onely shee proued Fortune counterfaite, but was halfe of that opinion that she hir selfe was onely currant » (I, 184). Eubulus lui dit également : « Thy birth doth shewe the expresse and liuely Image of gentle bloude » (I, 187). — Quant aux noms de Philautus et d'Eubulus, ils étaient probablement empruntés à la pièce célèbre d’'Acolastus, par Guillaume de Volder, plus connu sous les noms de Fullonius ou de Gnaphæus.
2. « Which appeared well in this Euphues, whose witte beeinge lyke waxe apte to receiue any impression, and hauinge the bridle in hys owne handes, either to vse the raine or the spurre., disdayning counsayle, leauinge his countrey, loathinge his olde acquaintance.. When parents haue more care how to leaue their children wealthy then wise, & are more desirous to haue them mainteine the name, then the nature of a gentieman : when they put gold into the hands of youth where they should put a rod vnder their gyrdle, when in steed of awe they make them past grace, & leaue them rich executors
DS JOHN LYLY
l'esprit est comme « une cire molle prêle à recevoir toutes les impressions », il est pris de la manie des voyages. Demeurant sourd à lous les conseils, méprisant ses anciens amis, il quitte son pays !. Dès lors sa vie offre un exemple lrappant des folies auxquelles se laissaient entraîner les jeunes gens de l'époque. Il prit naturellement le chemin de l'lalie et se fixa à Naples —- celle des villes italiennes dont la lourberie était proverbiale ?, La description que fait Lyly de ce lieu de perdition ne le cède pas en noirceur aux tableaux burinés par les plus irréductibles ennemis de la Cireé lransalpine, Les « murs et les fenêtres mêmes dénotaient que c'était plutôt le tabernacle de Vénus que le temple de Vesta », On y trouvait tout ce qui pouvait « séduire l'esprit à la luxure ou entraîner le cœur vers la folie ; une cour mieux faile pour un athée que pour un Athénien, pour Ovide que pour Aristote, pour un amant éhonté que pour un homme vivant pieusement3 ». On y pouvait voir des spectacles immondes, des « brutes ivres se vautrant dans toutes les maisons, dans toutes les chambres, dans tous les ruisseaux; des gens qui faisaient un dieu de leur ventre, qui offraient leur fortune en sacrifice à leurs entrailles et qui dormaient de la mangeaille à la bouche, le péché dans
of goods, & poore executors of godlynes, then is it no meruaile, yt the son being left rieh by his fathers Will, become retchles by his owne will » (I, 185).
1, Voir note ? à la page précédente.
Ÿ, Thomas, History of Italy, 114, Cf. ce que dit Nash dans son Unfortunate Traveler : « The Neapolitane carrieth the bloodiest mind, and is the most sooret fleoring murdrer : whereupon it is growen to a common prouerbe, Ile giue him the Neapolitan shrug, when one intends to play the villaine and make no boast Of it » (Works, II, 998).
$, « It happened thys young Impe to ariue at Naples (a place of more Pleasure then profite, and yet of more profite then pietie) the very walles and windowes whereof shewed it rather to bee the Tabernacle of Venus, then the Temple of Vesta.
There Was all things necessary and in redinesse that myght eyther allure ihe minde 10 luste, or entice the hearte to follye, a courte more meete for An Atheyst, then for one of Athens, for Ouid then for Aristotle, for a gracelasse louer then for à godly lyuer » (I, 185).
le cœur et la honte à leur foyer, Bref, c'est là qu'on pouvait rencontrer, non le masque sculpté d'une femme débauchée, mais le visage incarné de la lascive impudieité, non l'ombre de l'amour, mais la subatance même de la luxure ! », C'est en vain qu'un sage vieillard, Eubulus, qui était évidemment familier avec le Schoolmaster, enr son discours est tout incrusté de maximes empruntées à ce traité d'éducation ?, essaie par ses conseils d'arrêter l'impradent sur la pente où 1l s'engage; Euphues ne veut pas croire que Naples soit cet « entrepôt pourri de toutes querelles, ce bordel général de toutes les prostituées, cette sentine de Ia honte et cette nourrice de tout péchés », qu'on vient de lui décrire, La vie de Naples est pour lui pleine d'attraite 1 en aime les plaisirs, les réunions, les passe-temps, les amoureuses folâ-
1, « Heëre imayste thou 866 that which 1 sivhe Lo ge, dronken soûUes wallowinge in euery house, in enery Chamber, Y6n, !n éuery channell, heere maisté thon beholde that whiche 1 cannot wythout blushinge beholde, nor wythoute blnbbering vtter, those whose helliés bes their Gods, who offer their goodes as sacrifice to theyre gutles : who sléepe wyth mealé in their mouthes, wyth sinne in their henrtées, and wyth shams in their housses, Héëré, yen, héére Puphues, maists hou s66 not the carued visarde Of à lewde woman, büt the incarnate visage of à lnsciuious wanton, not (hs shaddowe of loue, but the substauneé of lusté » (1, 128484)
2. C’est évidemment au Schooltmastler que sont empruntées les deux phrases suivantes qu'Ascham donne d'ailleurs corninée es EMAMONS !
Ly1y (1, 187) : « The tender youth of 4 childe 18 1yke the lemperinge of newe waxé apte to receité any formé, »
(Cf, Ascham (IV, 115): « For the pure clean Wil of à sweet young babe, is like thé newest wax, most able to récaive the bést and fairest printing »),
Lyiy (1, 181): « The potter fashionéth his clave when it 8 80118, »
(CT, Ascham (1V, 116) : « Now chayé fitiest for working, » 11 faut, d'ailleurs, reinarquer que cette derniére idéé £6 trouve aussi dans Plutarque, Educ, Puer,, ch, #),
Lyly invoque dans 14 méme page l'exemple dss Sirénes 1 06 Charyhde et Scylia (1, 149), tout comme Aschain à 14 page 151, 145 ermprunts 4u #cho6lmaster ne sont pas d'ailleurs limités à ce discours, 1 en est même de plus évidents dans la suite de l'onvrage, C1, par exemple, la satire des esprits trop vifs (Lyly, 1, 195-196: Ascharn, 1, 94400) 64 le passage sur 1e épris dans lequel lés gens d'esprit tiennent ceux qui sont 1n0în$ favorisés du côté de l'intelligence (LY1Y, 1, 1%: AsCharn, 1V, 1%),
3, « 1 nener will béleene, that Naples 18 4 canckred storehouse of AI strife, à common stewes for all stirurmpettes, the sinke of shame, AñA the very nurse of all sin » (1, 1%),
lreries t, Il se mêle avec enthousiasme à la société napolilaine, où il rencontre des compagnons de toutes sortes, des coquins comme des flatteurs ?. Il fréquente assidûment les dames el passe ses journées à deviser avec elles; il prend part à ces vaines discussions sur des points de scolastique amoureuse qui faisaient fureur dans les cours italiennes 5. EL les prédictions d'Eubulus — celles aussi des humanistes anglais ne tardent pas à se réaliser : « Si tu écoutes seulement les sirènes tu seras enamouré; si tu fréquentes leurs maisons tu seras ensorcelé. Une seule goutte de poison infecle tout un tonneau de vin; une seule feuille de coloquinte gâle et corrompt tout un pot de bouillie ; une soule tache de rouille détériore loute une pièce de linon # »,