‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 36 sur 321 · Works, I · texte numérisé non relu

Works, I

incessamment vers la vertu. Programme compliqué et difficile à suivre, mais qui ne peut manquer de produire des effets merveilleux, car, s'écrie Euphues, non sans une cerlaine présomption, « j'espère que si jamais la République de Platon fleurit sur la terre, mon Ephoebus en sera citoyen, que si Aristote découvre l'homme heureux, ce sera mon enfant, et que si lTullius trouve un orateur excellent ce sera mon Jeune homme t ».

Mais, se demande alors Euphues, qu'est le savoir humain sans la connaissance sacrée de la parole divine ? C'est en celte dernière que réside l'unique éloquence, le style vrai et parfait, le témoignage de salut. Sans elle tout savoir n'est quignorance, toute sagesse folie pure?. Et notre moraliste d'ajouter une troisième dissertation ou, plus exactement, un sermon sur l'existence de Dieu. L’ « Euphues and Atheos 3 » — car tel est le titre de cet opuscule — est un dialogue entre Euphues et un personnage qui porte le nom symbolique d'Atheos. À vrai dire, c'est un monologue; car l’éloquent Euphues ne laisse guère à son interlocuteur que la faculté de placer quelques timides objections. Il s'est mis dans l’idée de convertir l’athée et il le fait avec une volonté menaçante et impérieuse. L'esprit de ce sermon est celui d'un protestantisme rigoureux avec une certaine intransigeance puritaine. Les affirmations y tiennent lieu d'arguments et les citations bibliques de preuves. C'est en vain qu'Atheos objecte que pour pouvoir s'appuyer sur la Bible, 1l faudrait auparavant avoir prouvé l'existence de Dieu, sujet même de la discussion, et que, par suite, Euphues tourne dans un cercle vicieux. Euphues riposte par des peintures terribles du Jugement dernier et des

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