‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 40 sur 321 · Voir pp · texte numérisé non relu

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3. I1 semble qu'il y ait eu à l'époque, entre auteur et lecteur, des communications plus intimes que de nos jours. Sans cela on ne s’expliquerait pas que les auteurs aient donné des détails souvent fort minutieux sur leur propre vie. Par exemple, Nash s’est peint sous le nom de Pierce Penniles. Greene a fait part urbi et orbi de toutes ses aventures. La plupart des romans pastoraux sont de pures autobiographies, et l’on sait que le public élizabethain s'intéressait aux querelles d'auteurs, puisqu'il ne protestait pas lorsqu'on mettait ces querelles à la scène.

Oxford t. Ce fut dans le milieu des Oxoniens un étonnement plein d'irritation. Ils avaient, jusque-là, considéré Lyly comme un jeune écervelé, mais ils ne se doutaient pas qu'il eût la plume si prompte à la satire?. Maîtres et étudiants frémirent de fureur et les clameurs contre l'enfant ingrat furent sans doute bruyantes, puisque Lyly se crut obligé d'y répondre dans une Epître aux « Gentlemen Scholars », qu'il ajouta dans sa deuxième édition de l’Anatomy of Wit3. Non pour verser, ainsi qu'on l’a cru parfois, du baume sur les blessures des Oxoniens; la rétractation, si on peut lui donner ce nom, était plus ironique que sincère. L'auteur se plaignait que les envieux eussent dénaturé le sens du passage sur Athènes, et il assurait que sa pensée avait été mal interprétée 4. Mais il enlevait presque aussitôt toute valeur à ces protestations en reconnaissant qu'il avait peut-être touché à quelques abus, en affirmant que rien n'est parfait sur la terre, et qu'Oxford ne pouvait prétendre être à l'abri de la critique5. Il terminait, non sans insolence, en refusant de faire amende honorable

« Ainsi », disait-il, en un langage amphigourique à dessein, « hésitant à encourir le soupçon de désobligeance en ne disant pas ma pensée, et ne voulant pas faire d’excuses en une occasion où il n’est pas besoin de dédommagements,

1. On avait l'habitude de comparer Oxford à Athènes (V. Hentzner, Travels, 42). Au XVIIe siècle, on donnait encore ce nom à l’Université (V. Dryden, Prologue to the University of Oxford, Works, 452).

9. C'est évidemment à cet incident que faisait allusion Harvey quand il à dit qu'à Oxford « they neuer thought him [Lyly] such a mighty doer at the sharpe » (App. A, xvii).

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