Voir page 80, n
2. Harvey dira plus tard: « For in truth I looued him, in hope praysed him; many wayes fauored him, & neuer any way offended him » (Pierces Supererogation, Works, II, 122).
3. Appendice A, xxv. Cf. Nash, Strange Newes, &c., WoTks, I, 9295, et Have with you, Works, III, 50, 69, 78.
4. Toute cette histoire est fort obscure. Nash (Have with you, Works, III, 78) confond — volontairement sans doute — l'affaire avec le comte d'Oxford et les poursuites que ces mêmes Familiar Letters valurent à leur auteur pour la satire de l’Université, d’un côté, de Sir James Croft, de l’autre, qu’elles contenaient également. Harvey, dans ses Foure Letters, a pris soin de distinguer ces différentes accusations. En ce qui concerne le comte d'Oxford, il a affirmé que ce seigneur ne prit pas au sérieux la dénonciation de Lyly : « But the noble Earle, not disposed to trouble his Iouiall mind with such Saturnine paltery stil continued, like his magnificent selfe : and that Fleeting also proued, like the other, a silly bullbeare, a sorry puffe of winde, à thing of nothing » (Works, I, 184).
5. Toujours d’après Nash : « Whereas two great Pieres beeing at iarre, and their quarrell continued to bloudshed, he would needs, vncald and when it lay not in his way, steppe in on the one side, which indeede was the safer side (as the foole is crafty inough to sleepe in a whole skin) and hewe and slash with his Hexameters; but hewed and slasht he had beene as small as chippings, if he had not playd ducke Fryer and hid himselfe eight weeks in that Noblemans house for whome with his pen hee thus bladed » (Haue with you, Works, III, 78). Il est assez difficile de dire qui était le grand seigneur
Il est assez difficile de dire quels motifs poussèrent Lyly à dénoncer son ancien ami. Harvey, depuis que la reine lui avait adressé à Audley End quelques paroles flatteuses, avait, de vanité, perdu la tête, et il s'était rendu insupportable par ses vantardises; peut-être Lyly ne sut-il pas résister à l'attrait d'humilier ce pédant. Ou bien, vit-il dans cette dénonciation un moyen de prouver qu'il était chatouilleux, lorsqu'il s'agissait de la réputation de son maître? Peu importe. L'histoire est en elle-même significative, et elle grève lourdement la mémoire de Lyly. Elle nous révèle chez lui un certain fonds de méchanceté, un manque de générosité et de scrupules que nous ne lui connaissions pas, ei qui surprit Harvey lui-même. Evidemment notre auteur est devenu un homme nouveau; il a oublié tous les beaux préceptes qu'il donnait récemment en prêchant la vertu ; il est entièrement tombé sous l'influence du milieu courtisanesque, car il en connaît trop bien les façons et les petitesses.
Quelque rapide qu'’ait été cette régression morale du souple Lyly, elle ne fut pas sans avoir ses phases, comme tous les mouvements de la personnalité humaine. Et l'on en peut, en effet, suivre le développement d’une façon assez curieuse dans le livre que Lyly composa pendant cette période si accidentée de sa vie. L'Euphues and his England, commencé peu de temps après l'apparition de l’Anatomy of Wüt, et publié au printemps de l’année 1580?, se divise en trois parties bien distinctes, différentes de caractère et de ton, et où se sont comme cristallisés les états d'âme
à qui Nash fait allusion dans la dernière ligne de la citation, Oxford étant fort querelleur. Il est probable, cependant, qu’il s’agit de Leicester, avec qui il était, à ce moment-là, en opposition, à cause de sa dispute avec Sir Philip Sidney.
1. Voir en quels termes il a rapporté (dans Gratulationes Valdinenses) les éloges que lui adressa la reine (De Vultu Itali, de Osculo, de Aulica).