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Et en effet, cet événement mémorable ne tarde pas à se produire {, Avec l'arrivée des deux jeunes gens à Londres commence, on peut le dire, un livre nouveau. L'auteur avoue désormais son désir de plaire, et à ce but il sacrifie impitoyablement son héros Euphues. En dépit du titre qui nous promeltait les « aventures d'Euphues en Angleterre », il supprime presque celui qui a, jusqu'ici, empli la scène de sa personnalité bruyamment raisonneuse 2. Sous le prétexte fallacieux d'une brouille avec Philautus, il le fait se retirer dans sa chambre, où il demeure mystérieusement occupé pendant une bonne moitié de cette troisième et dernière partie 3, pour ne reparaître qu'à la fin, tout transformé et se contentant désormais de jouer le rôle de comparse. Philautus a maintenant toute la sympathie de l'auteur; il devient le protagoniste et il impose au lecteur ses préoccupations sentimentales; ses mécomptes, puis ses succès amoureux forment le sujet de l'intrigue et du dénouement. Les traités didactiques disparaissent complètement, et ils sont remplacés par un éloge dithyrambique de la Cour anglaise et de la reine #. La peinture ou l'analyse de l'amour accaparent le récit, dans lequel nul n’est admis s'il ne justifie quil est atteint de la douce folie, ou, tout au moins, s'il ne consent à disserter sur la passion. L'auteur lui-même se range ouvertement au nombre des docteurs
1. Peu après son arrivée à Londres, Euphues fait l’aveu suivant : « To thee I will confesse in two things my extreme folly, ye one in louing Lucilla, who in comparison of these had no spark of beautie, ye other for making a cooling card against women, when I see these to haue so much vertue, so yt in the first I must acknowledge my iudgement raw, to discerne shadowes, and rash in the latter to giue so peremtory sentence, in both I thinke my selfe, to haue erred so much, that I recant both » (Works, IT, 91).