‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 56 sur 321 · CG · texte numérisé non relu

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terre, pas plus qu'en France, personne ne croyait à sa réalisation. Mais voilà qu'au mois de février 1581, les choses changèrent du tout au tout. Marchmont, le secrétaire d'Alençon, arriva à Londres pour s'assurer des véritables intentions d'Elizabeth. La reine se montra enthousiaste. Elle autorisa les commissaires français à venir en Angleterre pour traiter définitivement du mariage, et le secrélaire s'en retourna apporter ces réconfortantes nouvelles à son maître. Les ambassadeurs arrivèrent : c'était la fine fleur de la noblesse. Elizabeth ne rêvait que d'amour, de fêtes et de tournois. Pour faire honneur aux envoyés, elle voulut que tous les seigneurs absents de Londres revinssent avec leur famille ?, afin que la Cour fût au grand complet. Mais les fêtes une fois données, la reine fut reprise d'hésitations. Les tergiversations et les délais recommencèrent, Jusqu'à ce qu'Alençon impatienté s'échappa sous un déguisement, s'embarqua à Dieppe, traversa la Manche et, pour la deuxième fois, arriva à Londres. On était en novembre. Elizabeth se montra enchantée de la visite; elle reçut son amoureux avec les marques de la plus vive affection. Le Prince Charmant n'était pas beau : il était de taille médiocre et extrêmement brun; son nez était crochu et 1l avait le visage marqué de petite vérole. Les partisans les plus enthousiastes du mariage n'avaient pas osé vanter sa personne et avaient dû se rabaltre sur l'éloge de ses vertus morales. Mais Elizabeth l’appelait publiquement son « petit Maure », son « petit Italien », sa « petite grenouille ». Il répondait en la comparant poétiquement aux étoiles et à tous les astres du firmament.

Cependant que ces douceurs galantes se débitaient de part et d'autre, les négociateurs ne parvenaient toujours

1, Hume, Courtships of Elizabeth, 212.

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