‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 60 sur 321 · Acte V, sc. ii · texte numérisé non relu

Acte V, sc. ii

admirateur lui avait adressés et lui adressait encore du plus profond de sa désillusion. Elle était même sortie de cette épreuve grandie et comme auréolée : toutes les machinations d’une déesse altière n'avaient servi qu'à démontrer l'irrésistible puissance de ces charmes et de cette beauté devant lesquels Cupidon lui-même avait dû s'incliner. La flatterie peut paraître enfantinement grossière ; mais Elizabeth n'était pas difficile sur la qualité des louanges qu'on lui décernait, et elle les aimait mieux fortes que fines. Abrité derrière cette épaisse atmosphère d’adulation, l’auteur pouvait être tranquille sur le sort de sa pièce. Sapho and Phao fut, en effet, acceptée par le Master of the Revels et jouée le soir du Mardi Gras devant la Court. Trois semaines environ avaient suffi à l’auteur pour écrire et faire répéter sa comédie, et cela rend encore plus étonnant le tour de force qu'il venait d'accomplir en traitant avec une si subtile aisance le plus délicat et le plus difficile des sujets.

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