‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 63 sur 321 · Works, II, 228. Cf. p. 84, note 1 ad fin · texte numérisé non relu

Works, II, 228. Cf. p. 84, note 1 ad fin

4, Voir Appendice A, xxvi.

L'homme qui prenait cette attitude sereine et calme de grand désillusionné avait vingt-huit ans !

Dans cette même lettre, Lyly annonçait à son ami Watson qu'il lui communiquerait confidentiellement certaines poésies amoureuses de sa composition. Il ajoutait : « Il me répugne de les montrer à l’imprimeur; car pour si tortues que soient mes fantaisies, il les voudrait mettre en lignes droites, et cela ne convient pas à mon humeur ». Lyly, en effet, persista dans sa résolution : ses « Passions » ne nous sont pas parvenues. Le mépris avec lequel :1l traitait maintenant l’art de l'imprimerie est pour le moins inattendu, et il fait naître dans l'esprit le soupçon que les vers étaient aussi boiteux que les idées étaient tortues. Ils eussent vraisemblablement grossi sans profit la masse déjà trop volumineuse des poésies pétrarquistes. À sa maîtresse, Lyly avait probablement donné la beauté de Laura : cheveux d'or fin, front d’albâtre, yeux noirs et stellaires, joues de lis et de roses, dents de perle, lèvres de corail et — puisqu'elle était cruelle, ainsi qu'il était séant — un cœur de tigresse ou de rocher. Il entretenait, sans doute, sa Muse « d'espérances engendrées par la crainte, de désirs inexprimables, de la puissance de rayons célestes infligeant une douleur infernale, de morts vivantes, de blessures chéries, de tempêtes favorables et de feux glacialst ». Je ne puis en évoquant l'idée de semblables sonnets et en songeant aux vers que Lyly écrira plus tard? regretter bien sincèrement, comme on l'a fait quelquefois, que les « Passions » de Lyly soient aujourd'hui perdues.

1. Some lovers speake, when they their Muses entertaine, Of hopes begot by feare, of wot not what desires, Of force of heav'nly beames infusing hellish paine, Of living deaths, deare wounds, faire stormes, and freesing fires. (Sidney, Astrophel & Stella, vi).

2. C'est-à-dire les vers de The Woman îin the Moone. Quant aux poèmes

lyriques que l’on a jusqu'ici attribués à Lyly, il faut les retrancher de son œuvre (V. p. 403, n. 1). * |

LYLY ET LORD OXFORD. GALLATHEA 123

Cependant que Lyly atteignait ainsi à l'apogée de la célébrité, il apprenait à ses dépens que l'existence du courtisan, si elle procure parfois d'enivrantes satisfactions, peut aussi avoir ses misères. Depuis quelque temps, la maison de Lord Oxiord était devenue un centre de querelles et d'intrigues. Vers le commencement de 15811, pour venger certaines insultes qu’il m'a été impossible de préciser ?, le Comte accusa son cousin Henry Howard3, ainsi que Charles Arundel et Francis Southwell4, d'entretenir des relations avec les jésuites, et de conspirer contre la reine5. Entre autres preuves de ses allégations, il racontait que Howard avait un Jour expliqué et commenté un dessin allégorique, représentant une truie couronnée, et faisant partie d'un livre de prophéties que Charles Arundel avait entre les mains 6. L'étourdi Oxford avait été mal conseillé par son

1. Les papiers d'Etat dont je me suis servi pour conter cette dispute ne sont pas datés; mais ils ont été classés, avec raison, par le Record Office, à l’année 1581/2.

2, Les contradictions des deux partis rendent illusoire toute tentative pour retrouver les origines de la querelle.

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