‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 65 sur 321 · State Papers, Dom. Eliz. CLI, nos 42 et · texte numérisé non relu

State Papers, Dom. Eliz. CLI, nos 42 et

6. State Papers, Dom. Eliz. CLI, n°s 44 et 57. — Deux mots sont nécessaires pour expliquer ce qu'étaient ces livres de prophéties ou « painted books ». Nous avons là-dessus d’abondants détails dans le livre que Henry Howard publia en 1583 sous le titre de À Defensative against the poyson of supposed Propheties, dans le but évident de se disculper des accusations qui avaient pesé sur lui (I1 fait allusion à ces accusations à la page K. k. i). L'on avait, paraît-il, l'habitude de composer des dessins à l’aide des animaux qui figuraient dans les armoiries des grandes familles et, en donnant à ces attributs

humeur brouillonne, et il avait compté sans l'habileté cauteleuse de Lord Henry; ses attaques inconsidérées se brisèrent contre un plan rapidement conçu pour retourner contre lui ses propres accusations. Howard et ses confédérés jurèrent sur leur triple honneur que ce « monstre » avait cent fois prononcé devant eux les phrases séditieuses qu'il leur prêtait; quant au livre de prophéties, ils affirmèrent avec indignation que c'était le Comte lui-même qui l'avait eu en sa possession. Et ils ajoutaient des détails précis : c'était à l'époque où Lord Oxford était consigné dans son appartement à Greenwich; un serviteur, connaissant les goûts de son maître pour toutes sortes de prédictions, avait posé le livre sur son écritoire {, et Lord Oxford avait alors montré et expliqué la gravure à Francis Southwell ; Howard était absent, et Charles Arundel, occupé à écrire une lettre à l’autre bout de la salle, n'avait rien vu ?; il n'avait entendu parler de la chose que plus tard. La tactique était habile; elle créait entre accusateur et accusés une confusion d’où la vérité n'avait guère de chances d'émerger. Mais en outre, à la faveur de l’obscurité qu'ils avaient répandue autour de l'affaire, Howard et Arundel passèrent de la défensive à l'offensive. Ils rapportèrent avec complaisance les propos injurieux que leur ennemi avait tenus sur Elizabeth. Il avait coutume, disaientils, de tourner en dérision ceux qui servaient la reine avec fidélité, et il avait annoncé son intention de la « planter là »

leur sens allégorique habituel, on prétendait lire l’avenir. Par exemple, si l’on voulait prédire que deux familles alliées se feraient la guerre, on montrait les bêtes héraldiques de ces maisons en train de s’égratigner. Il semble aussi que l’on ait prêté à ces peintures un pouvoir semblable à celui que l’on croyait être dans les figures de cire des envoûtements. Le livre qui suscita la querelle entre Oxford et Howard avait été composé par un certain Verdungus, qui avait voulu prédire, dès le règne de Henry VIII, que le royaume serait ravagé par « diversis animantibus » (4 Defensative, Sig. K. K. i).

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