State Papers, Dom. Eliz. CLI, n
9, Ibid., no 57.
LYLY ET LORD OXFORD. GALLATHEA 125
avant peu t; 1l avait dissuadé Lord Howard d'écrire et de faire imprimer l'Encomium Elizabethae, en l'assurant qu'il se couvrirait de ridicule aux yeux des nations étrangères *; il S'était vanté bien haut d’avoir obtenu les faveurs de la reine #, sans qu'il y eût d’ailleurs, de sa part, autre chose qu'un calcul, car, disait-il, il faut caresser une maîtresse pour de l'argent et en avoir une autre pour l'amour { ; et enfin, un soir, à Hampton Court, comme Elizabeth venait de chanter et que Francis Southwell s'était répandu en éloges admiratifs, le Comte avait juré, par la sambleu, qu'il n'avait jamais oui voix plus désagréable, et que la reine faisait ainsi toutes choses sans la moindre grâce 5. Elizabeth eût sans doute pardonné à Oxford d'avoir en politique des idées d’un loyalisme équivoque, car elle le savait plus vantard que dangereux ; mais elle ressentit vivement les railleries sur sa beauté de femme plus que mûre : elle fit enfermer Lord Oxford à la Tour de Londres. L'affaire tournait mal; Lord Burghley fut obligé d'intervenir; il s'entremit en faveur de son gendre et réussit à le faire relâcher en juin 1581 6. Mais l'orage n'était pas encore dissipé; la reine s'obstinait à tirer au clair les accusations portées contre Oxford; elle parlait de ne rendre au Comte toute sa liberté 7 qu'après l'avoir confronté avec ses adver-
1. State Papers, Dom. Eliz. CLI, n° 46: « The Quene sayd he was a bastard for whiche cause he wold never love hir and leve hir in the lurche one daye ».
2. State Papers, Dom. Eliz. CLI, n°-46, et Cotton mss., Titus, C. vi, f. 5.
3. Lettre de Howard à la reine (Cotton mss., Titus, C. vi, f. 5).
4. State Papers, Dom. Eliz. CLI, n° 46, et Cotton mss., Titus, C. vi, f. 5.
. Stat Papers, Dom. Eliz. CLI, n° 46.
6. On a généralement considéré cet emprisonnement comme une conséquence du duel avec Knyvet. Il ne saurait y avoir d'erreur sur ce point, car la date de l'élargissement est fournie par une lettre du Conseil Privé à Sir William Gorge, datée « 9 Junij 1581 », et mentionnant la mise en liberté comme ayant eu lieu « yesternight » (Acts of the Privy Council, N. S. XIII, 7,4).