Birch, Memoirs, etc., I
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pittoresques de ces rencontres nous sont parvenus. Vers le mois de juin 15821, Gerard Ashby, apprenti boucher, revenait de faire une commission pour son maître, lorsqu'en abordant aux degrés de Blackfriars? il apprit des bateliers qu'un combat entre les gens d'Oxford et ceux de Knyvet allait avoir lieu de l’autre côté de l'eau, dans le marais $, C'était pour un apprenti élizabethain une bonne aubaine; courant à une salle d'armes voisine, Ashby se munit d'une pique et revint se joindre aux bateliers. Les adversaires arrivèrent et la mêlée s'engagea. Du côté Oxford, il n'y avait que deux combattants; du côté Knyvet, on était venu en nombre. Néanmoins Gastrell, serviteur d'Oxford, dégaine sur-le-champ et attaque courageusement à lui seul trois ou quatre des gens de Knyvet ; sur quoi, l'un d'eux s’écrie, en prenant toute l'assistance à témoin : « Gastrell, nous ne voulons pas avoir affaire à toi ici ». Mais Gastrell hurle qu'il veut se battre, et il allonge plusieurs coups à l'un de ses antagonistes. Il est blessé. Harvey, l'autre serviteur d'Oxford, se jette alors, l'épée nue, entre les combattants et, dans ses efforts pour les séparer, 1l est blessé à son tour. La faction Knyvet avait eu l'avantage presque sans combattre ; la faction Oxford ne pouvait rester sur cette humiliation, et elle jura de se venger. Elle trouva bientôt une occasion propice. Le 28 juin, on pendait la crémaillère chez un certain Jones”,
1. Tous les détails de ce récit sont empruntés aux dépositions des témoins, conservées parmi les State Papers, Dom. Eliz. CLIV, no$S 11 et 12.
2. C'était un escalier qui servait à l’atterrissement des bateaux de la Tamise. Ainsi que son nom l'indique, il était situé près du monastère désaffecté de Blackfriars (V. Stowe, Survey of London, 16).
3. Le document dit : « in the marsh ». Il s’agit probablement de « Lambeth Marsh », qui se trouvait en face des « Blackfriars Stairs ».
4. Tous les détails qui suivent sont empruntés à des dépositions de témoins (State Papers, Dom. Eliz. CLIV, n° 13).
5. I1 s’agit probablement du propriétaire de quelque ordinary à la mode. Le document dit : « Uppon the xxviijth of Iune I was intreated by one Ihones to ayne that daye at his howse, which howse before Mrs Arrundell did kepe
et pour célébrer l'événement quelques membres du parti Knyvet s'étaient réunis ; il y avait là Lord Howard, le Comte d'Arundel, Mr. Townshend', Knyvet et autres. Comme le diner allait prendre fin, un serviteur de Townshend vint, en grand mystère, rapporter à son maitre une conversation qu'il avait surprise chez Lord Willoughby ; les gens d'Oxford, annonçait-il, avaient projeté d'attaquer ce soir-là Knyvet et ses amis « quels qu'ils fussent ». Townshend met la compagnie au courant de la nouvelle, et l'on décide d'aller à la recherche de l'ennemi. La troupe se dirige aussitôt vers la Tamise; Knyvet marchait en tête, ses amis suivaient prêts à intervenir. On était arrivé ainsi à la hauteur de Blackiriars, lorsque Knyvet fut soudain assailli par des hommes armés qui, voyant que leur coup était manqué, disparurent. Cette agression demandait vengeance; les menaces, défis et bravades recommencèrent de plus belle ; en juillet, un nouveau duel eut lieu, et Knyvet, qui figurait en personne, tua un des hommes d'Oxiord?. Le bouillant Gastrell provoqua à son tour un certain Long Tom, qui avait passé du service d'Oxford à celui de Knyvet et le tua$. Cette fois l'affaire parvint jusqu'aux oreilles d'Elzabeth qui intervint ; les duels cessèrent mais l'infortuné Oxford était plus que jamais en disgrâce .
hir table in, Theare to accompany sondry noblemen & gentlemen that meant to further & gyve Credytt & cowntenaunce vnto his newe erected Table... »
1. Probablement le Roger (plus tard Sir Roger) Townshend (? 1543-1590) qui occupa plusieurs postes à la Cour (V. Dictionary of National Biography, 1vii, 130).
2. Additional mss., 15891, f. 65b (Cité par Sir Harris Nicolas, Memoirs of Hatton, 256).
3. Lettre de Burghley à Hatton (Additional mss., 15891, f. 50. Cité par Sir H. Nicolas, Memoirs of Hatton, 321-324). Dans cette lettre, nous apprenons que d’autres duels avaient eu lieu. Par exemple, un certain « Roper, of the Guards » et un certain Costock envoyèrent des cartels à Gastrell, qui semble avoir été le grand pourfendeur aux gages d'Oxford.
4. A grand'peine, et en sollicitant les bons oflices des ennemis même de
son gendre, tels Hatton et Ralegh, Burghley parvint à faire pardonner le Comte. Oxford ne devait rentrer en grâce qu'en mai 1583 (V. p. 131).
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Pendant que Lord Oxford traversait celte période d'épreuves, lous ses serviteurs ne se montrèrent pas aussi dévoués que les spadassins qui versèrent généreusement leur sang pour soutenir l'honneur de leur livrée. Plusieurs parmi ses gens, dont la langue élait plus promple que l'épée, ne virent, dans l'état de bouleversement où se rouvait la maison, qu'une occasion particulièrement favorable de satisfaire leur goût pour l'intrigue ou la calomnie. Profitant de l'emprisonnement du Comte, ces brouillons allèrent trouver Lord Burghley pour discréditer auprès de lui certains de leurs compagnons et, dans leurs commérages, 11 semblent n'avoir même pas épargné leur maître. Quand ce dernier recouvra la liberté, il eut vent de leurs menées el, entrant dans une grande colère, il jura que dès que ses affaires lui en laisseraient le loisir, il démasquerait ces serviteurs indélicats et se vengerait de leur infidélité. Et, en effet, au mois de juillet 1582, il mit sa menace à exécution et frappa les coupables. Parmi ceux qui encoururent sa disgrâce figurait Lyly?. Les griefs du Comte
1. « I have vnderstood of certeyne of my men hathe resorted vnto yowre Lordship, and sought by fals reportes of other of ther fellowes, bothe to abuse yowre Lordship and me but for that this bearer semes most herin to be touched, I have sent him vnto yowre Lordship, as is his ernest desire, that yowre Lordship myght so know him, as yowre evill opinion, beinge conceyved amis by thes lewd fellowes may be removed. and truly my Lord, I heare of those thinges wherwithe he is charged, and I can assure you wrongfully and slaunderously. But the world is so conninge, as of à shadow they can make à substance, and of à leklihode à trothe : and thes fellowes, yf they be those whiche I suppos, 1 do not dought but so to decyfer them to the world, as easily yowre Lordship shall loke into ther lewdnes and vnfaythfuines, whiche tyl1l my liberte I mean to defer, as more mindfull of that importinge me most at this time, then yet sekinge to revenge my self of suche peruers and impodent dealinge of servants, wWhiche I Know have not wanted incoragment and settinge on. But lettinge thes thinges pas for a whyle, &c. » (Lettre d'Oxford à Burghley, Juillet 1581. Lansdowne mss, 33, n°0 6),
9, Quand on compare les termes de la lettre citée ci-dessus et ceux de la lettre de Lyly à Burghley (App. A, xxvii), il est évident que la disgrâce de notre auteur se rapporte à cette affaire. L'espace d’un an qui s'écoula entre les deux lettres ne prouve rien là contre, puisque Oxford avait annoncé son intention de différer sa vengeance pendant quelque temps.
contre notre auteur semblent même avoir été particubèrement nombreux et graves, car non seulement il l'accusa d'irrévérence à son égard, mais il lui reprocha aussi d’avoir pris part à la dispute avec Lady Oxford, et de s'être mêlé de l'affaire des prophéties 1. Lyly était capable d'indiscrélion et la calomnie — nous en avons eu la preuve? — ne lui était pas une arme inconnue. Il n'y aurait donc rien d’impossible à ce qu'il eût tenu sur le compte de son maître des propos inconsidérés. Il semble bien pourtant avoir été, cette fois, la victime d’intrigues ourdies par ses ennemis. La lettre qu'il écrivit à Lord Burghley pour se disculper $ ne laisse guère de doute à cet égard ; elle a un accent de sincérité auquel on ne peut se méprendre; elle frémit d'une indignation trop violente et trop âpre pour être fente. Il demande à grands cris qu'on l'entende ; il ne redoute pas l'examen le plus minutieux de tous ses actes, car sa conscience est pure. Il prend Dieu solennellement à témoin de son innocence : ses pensées touchant Lord Oxford ont toujours été respectueuses, presque religieuses, et il a servi Lady Oxford avec tant de fidélité qu'il est aussi peu coupable de déloyauté qu'un enfant à la mamelle peut l'être de vol; ni dans ses rapports, ni dans ses conseils il n’a usé
1, Voir Appendice A, xxvii. Noter en particulier les phrases suivantes « God is my witnes....…. yt all my thoughtes concerning my L. haue byne ever reuerent, and almost relligious. How I haue dealt god knoweth and my Lady [c’est-à-dire Lady Oxford] can coniecture, so faithfullie, as I am as vnspotted for dishonestie, as a suckling from theft. This conscinc of myne maketh me presume to stand to all trialls, ether of accomptes, or counsell, in the one I neuer vsed falsehood, nor in the other dissembling..……. rest persuaded of myne honest mynd, and my Lady of my true servic...……. If I be not honest to my L. and so meane to be during his plesure..…… Loth { am to be a prophett, and to be a wiche I loath. » — On a parfois supposé que Lyly avait commis des indélicatesses dans l'administration des affaires du Comte. Les extraits qui précèdent me semblent prouver, surtout si on les rapproche de la n. 1 (p.129), que le mot accomptes doit être pris dans le sens de statements (les false reportes dont parle Oxford). Le mot wiche se rapporte évidemment à l'affaire du livre de prophéties, dont il a été parlé plus haut.
2, Voir, plus haut, comment il essaya de nuire à son ami Gabriel Harvey.