Feuillerat, Documents relating to the Revels, Eliz
de paiements dès le 3 mars 1583/4. Il ne s'agit évidemment que d’un service tout momentané, rendu par Lyly en une occasion exceptionnelle.
Il est d’ailleurs douteux qu'un homme, sur le point de briguer le poste très important de Master of the Revels, eût consenti à tenir, de façon habituelle, un emploi qui, malgré tout, sentait l'histrion. Cela est d'autant plus invraisemblable que Lyly venait de contracter un mariage qui assurait encore la position déjà très honorable qu'il occupait dans le monde aristocratique !. Le 22 novembre 1583, il avait épousé Béatrice Browne?, fille et héritière de Richard Browne et de Dorothy Danby3. Le mariage fut célébré à St Clement Danes, London; mais la fiancée était originaire de Mexborough, dans le Yorkshire. Au point de vue courtisanesque, c'était pour notre auteur une brillante alhance : par sa mère, qui était fille de Thomas Danby, porte-étendard du Duc de Norfolk à la bataille de Flodden. et veuve en premières noces de Ralph Rokeby of Skiers, Beatrice descendait en ligne directe de Sir James
1. Lyly avait évidemment des prétentions aristocratiques, Car il habitait à cette époque dans l’enceinte du monastère désaffecté de Blackfriars, un des endroits où la noblesse logeait volontiers (V. App. A, xxxiia).
2. Voir la généalogie (App. A, i). Je dois la date de ce mariage à Mrs. C. C. Stopes, qui l'avait relevée, à tout hasard, avec d’autres se rapportant à des mariages de John Lylys. Grâce à la généalogie, il m'a été facile de décider lequel de ces John Lylys était le nôtre. Mrs Stopes, avec sa bonne grâce habituelle, m'a permis de faire usage de son document. Depuis, elle l’a publié dans l’Athenaeum (11 août 1906, p. 159).
3. Dorothy était veuve en premières noces de Ralph Rokeby of Skiers. Naturellement, aucun des arbres généalogiques des Rokebys ne mentionne cette alliance avec Richard Browne. Voici par quelle suite de déductions j'ai pu la découvrir : 1° Les registres de Mexborough donnent à la femme de Richard Browne le prénom de Dorothy; 20 dans des documents relatifs à un procès intenté par Richard Browne à Robert Saville, il est dit en propres termes que Richard Browne épousa Dorothie, la veuve de Rauffe Rookebye (Chancery Proceedings, Ser. II, Bdle 7, n° 46, et Bdle 12, n° 49). Confirmation de ce mariage est donnée, 30 par un extrait de l’acte de mariage de Ralph Rokeby, fils de Ralph Rokeby et de Dorothy, et où Richard Browne est désigné sous le nom de « father in law » (Additional mss., 29656, f. 151).
LYLY ET LORD OXFORD. GALLATHEA 133
Danby ! et elle se trouvait apparentée à quelques-unes des plus influentes familles du comté. Elle était sœur utérine de Lady Mary Puleston et de William Rokeby of Skiers ?, el, par ce dernier, elle tenait aux nombreux Rokebys dont les rejetons couvraient l'étendue du Yorkshire ; elle était cousine de Robert Saville of Copley, chef d'une branche de la puissante maison des Savilles 3; elle était également parente à un degré plus éloigné des Calverleys of Calverley, de tragique mémoire. Béatrice répondait assurément à l'idéal qu'Euphues se faisait d’un bon parti : elle avait assez de naissance pour avancer son mari.
Si Beatrice Browne pouvait consolider le crédit de Lyly à la Cour, elle ne semble pas lui avoir apporté l'opulence, car peu de temps après nous trouvons le jeune ménage aux prises avec des difficultés pécuniaires. En 1584, un certain Nicholas Bremers (peut-être un des Shylocks anglais dont la férocité était proverbiale f) assigna John Lyly devant le « Banc de la Reine » en restitution d'une somme de £ 9. 8 s. 8 d. qui lui était due. Et comme son débiteur négligeait de répondre à cette invitation, l’intraitable Bremers, usant des droits extrêmes que lui conféraient « la
1. Généalogie de Rokeby, dans Foster, Pedigrees of Yorkshire Families, IV, et The Genealogist, VI, 145-146.
2. Fille et fils de Dorothy par son premier mariage avec Ralph Rokeby (Hunter, Deanery of Doncaster, ii, 102). Cf. Foster, Pedigrees of Yorkshire Families, IV (Ped. of Rokeby).
3. Thomas Saville, le père de Robert, avait épousé Ann Danby, sœur de Dorothy (Paver Collections, Additional mss. 29649. Cf. The Genealogist, VI, 145-146).
4. Voir la lettre de Lady Cobham (App. A, li), où il est dit que la femme de Lyly était parente de Calverley. Et, en effet, ledit Walter Calverley était petit-fils de Sir Walter Calverley, lequel avait épousé Ann, fille de Sir Christopher Danby of Farnley (Thoresby, Ducatus Leodiensis, 116). Sur Walter Calverley, voir page 236, note 1.
5. Works, II, 156. Euphues conseille à Philautus de renoncer à Camilla en ces termes : « I wil not flatter thee in thy follies, she is no match for thee, nor thou for hir, the one wanting liuing to mainteine a wife, the other birth to aduance an husbande. »