‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 75 sur 321 · Voir acte V, scène i · texte numérisé non relu

Voir acte V, scène i

3. C’est après qu'Endimion a été plongé dans le sommeil que Cinthia dit : « I haue had tryal of Endimion, & conceiue greater assurance of his age, then I coulde hope of hys youth » (III, i, 34-35). Voir aussi les paroles de Cinthia au dénouement: « Perseuer Endimion in louing me. Endimion continue as thou hast begun, and thou shalt finde that Cynthia shyneth not on thee in vaine » (V, iii, 180-187).

4, «If the claim of any particular interpretation is to be supported at all, there must be à general correspondence shown between the main facts of the drama and the main facts of the history, a general consonance between the characters and situations of the personages with those of their models » (Bond, Lyly. Works, III, 86).

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lui un tendre penchant dont il n'est pas nécessaire de préciser le caractère. Un jour Elizabeth apprit que celui dont elle avait reçu les ardents hommages avait épousé secrètement la comtesse d'Essex. Dans un premier mouvement de fureur jalouse, sous prétexte que Leicester lui avait manqué de respect en ne la mettant pas au courant de ses projets de mariage, elle consigna l'amant infidèle au palais de Greenwich, et elle parla, en outre, de le faire enfermer à la Tour. Le Comte de Sussex s’interposa; il fit remar-quer qu'il était injuste de punir un homme parce qu'il avait contracté un mariage régulier et la reine, soit qu'elle voulût dissimuler ses véritables sentiments, soit qu'elle pardonnât beaucoup en souvenir du passé, consentit à ne pas mettre sa menace à exécution. Leicester rentra officiellement en grâce. Mais il dut se contenter désormais de jouer le rôle de simple ami. Il est si vrai que tous rapports de galanterie cessèrent entre lui et la reine qu'il s’'employa à installer dans la place vacante d’amoureux ceux qui pouvaient lui être utiles, et en particulier son beau-fils, le Comte d'Essext. Quant à la Comtesse de Leicester, elle ne fut jamais admise à la Cour du vivant de son mari. Tels sont les événements qui seraient allégorisés dans la pièce. Et maintenant que dit cette pièce ? Endimion laisse croire à Tellus qu'il l'aime ?; en réalité, il aspire à l’incomparable et inaccessible Cinthia. Tellus apprend cette trahison et, folle de rage, elle jure de se venger. Par des maléfices, dont Dipsas se fait l’ouvrière, elle plonge le parjure dans un sommeil dont il ne pourra s’éveiller tout le temps que durera sa jeunesse. Cinthia apprend qu'Endimion a été la victime de ses ennemis et, bien qu'elle n'ait pas eu jusqu'ici 1, Creighton, Elizabeth, p. 242.

2. Il faut remarquer qu’à aucun moment il n'est question de mariage entre

Tellus et Endimion. D'autre part, nous relèverons plus tard d'’étranges contradictions dans les façons d’être de ce prétendu amour.

grande confiance en lui, elle promet de faire son possible pour le sauver, car « il ne sera pas dit qu’elle laissera périr Endimion, si elle peut le protéger { ». Elle dépêche aussitôt Eumenides et deux autres courtisans vers les sages et les enchanteurs de la Grèce à l'effet d'apprendre la cause de ce sommeil inexplicable 2. Et comme Tellus, sur ces entrefaites, essayait de calomnier Endimion, Cinthia la fait enfermer dans le « Château du Désert ». Cependant, Eumenides est revenu; il informe Cinthia qu'un baiser d'elle rompra l’enchantement. Cinthia consent à faire ce qu'elle n'a jamais fait à homme vivant : elle baise Endimion sur le front. Aussitôt le jeune homme s’éveille : 1l est sauvé. Et c'est alors que Cinthia découvre qu'elle est aimée d’Endimion 3. Cet amour elle ne peut le partager; mais elle veut bien accepter les hommages du soupirant, et promet en échange faveur et protection. Quant à Tellus, l'instigatrice de tout le mal, elle se repent et elle reçoit un généreux pardon.

La simple juxtaposition des deux analyses suffit pour montrer quelles transformations profondes et essentielles,

1. « It shall neuer be said that Cynthia... will suffer eyther Endimion or any to perrish, if he may be protected » (III, i, 56-58). Un autre personnage remarque que Cinthia est « so willing to ease Endimions harde fortune, that she no sooner heard the discourse, but shee made her selfe in a readines to trye the euent » (V, i, 5-7).

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