‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 89 sur 321 · VII · texte numérisé non relu

VII

LOVL'S METAMORPHOSIS, MIDAS

Dans Endinion, Lyly s'élail surpassé dans l'art de la fatterie, Par des prodiges de dextérité — on pourrait dire de subtilité il avail su voiler de désintéressement une aflaire où tout, au fond, n'élail qu'appéuls peu avouables.

Si le fulur maitre de l'Angleterre c'est à ce litre qu'il avait droil à des ménagements ! n'avail pas élé entière-

ment innocenté de sa fourberie, du moins ses sentiments amoureux avaient pris une telle importance qu'ils avaient fait oublier ses calculs politiques, EL comme il apparaissait en vichme du catholicisme abhorré, sa duplicité prenait facilement une apparence d'innocence el d'irresponsabilité devant laquelle se dissipaient Lous les soupçons qu'on avait pu avoir contre lui, Quant à la reine régnante, comme toujours el comme 11 était nécessaire, elle passait dans la pièce drapée de chasteté el de froideur, mais, néanmoins, irrésistible objet de passion, Elle apprenait une fois de plus quel charme puissant avaient sa jeunesse et sa beauté éternelles; apres avoir él6 victorieuse de Vénus et de Cupidon, elle triomphait de celle qui loule sa vie durant fut une rivale secrélement jalousée, C'était un double triomphe, de sa vanilé ét de sa diplomatie, EL pour s'être alimentée à des sources qui n'élaient pas seulement sentimentales, Ta flatterie n'en élail sans doute pas moins agréable à la rusée politique : la reine et la femme y trouvaient également leur

compte.

1, Il ne faut pas oublier que les Cecils étaient des partisans de Jacques,

De pareils tours de force ne se renouvellent pas à tout propos; et Lyly fit peut-être prudemment, lorsqu'il décida de rester quelque temps sur ce succès. La représentation d'Endimion eut lieu au commencement de 1586; pendant les deux années qui suivirent, notre auteur se tut et 1l ne rompit le silence qu’en janvier 1587/8 pour produire à la scène sa vieille pastorale, Gallathea?. Selon toute vraisemblance, la pièce fut bien accueillie, puisque, immédiatement après, Lyly se mit à écrire sa seconde pastorale : Love’s Metamorphosis.

C'est la plus courte des pièces de Lyly, et l’action, bien qu'elle soit double, en est réduite à presque rien. Le lieu de la scène est placé en Arcadie. Trois nymphes de Cérès — Nisa, Celia et Niobe — sont aimées par trois forestiers — Ramis, Montanus et Silvestris. Les nymphes, qui sont cruelles, repoussent leurs dolents admirateurs. A la fin, les trois forestiers, lassés de soupirer en vain, vont se plaindre à Cupidon, qui, furieux de voir que sa divinité est méprisée, change les nymphes, l’une en rocher, une autre en rose, la dernière en oiseau. C’est la métamorphose de l'Amour. Cependant, sur les instances de Cérès, Cupidon consent à rendre à Nisa, à Celia et à Niobe leur forme humaine, à la condition qu’elles promettent d'écouter enfin les doux propos de leurs amants. Elles acceptent, mais en maugréant et en se Jurant de faire payer cher à leurs maris la victoire qu'ils viennent de remporter. Lyly a quelque peu corsé cette histoire par trop simple en lui ajoutant la légende d'Erisichton, qu'il a prise chez Ovide 3. La soudure entre les deux sujets s’est faite assez naturellement en la personne de Cérès qui domine les deux intrigues, et aussi parce que, au dénouement, le pardon

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