Cité par Pollard, dans son Chaucer Primer, p
4. Voir à ce sujet la suggestive anecdote contée par R. Whyte (dans Collins, Letters & Memorials of Slate, IT, 83).
purement honorifiques. Nous avons toutes raisons de croire que cette nomination n’était qu'une de ces récompenses fictives dont Elizabeth leurrait assez souvent ses quémandeurs : nulles provisions, nul brevet n'étaient venus investir réellement Lyly de la dignité qui lui avait été conférée, n1 lui octroyer les appointements attachés à la charget. Mais que ne pouvait-il pas espérer, maintenant qu'il avait accès auprès de la reine ! Assurément, il allait enfin atteindre cette pomme des Hespérides que recherche tout courtisan — un emploi bien rétribué?! Aussi avec quelle ardeur renouvelée et quel enthousiasme enivrant 1l dut se conformer au désir d'Elizabeth el mettre plus que jamais son talent au service des divertissements royaux * !
1. J’ai en vain feuilleté tous les livres de l’Exchequer : je n’ai pas trouvé le nom de Lyly parmi les Esquires of the Body. D'autre part, le renseignement fourni par la généalogie ne saurait être faux, car le document a été dressé par l’un des juges d’armes (Rougerose); cet officier n'aurait pas accordé le titre s’il n’avait eu entre les mains la preuve que Lyly y avait droit. Nous savons, en outre, que Lyly faisait partie de la maison royale, puisque, à l’occasion des funérailles de la reine, il reçut une livrée de deuil (App. A, lviii). Pourquoi Lyly ne figure-t-il pas sur les livres de l’Exchequer? Il n'y a à cette question qu’une réponse possible : Lyly n’avait probablement reçu de la reine qu'un poste honorifique. Elizabeth usait assez souvent de ce moyen économique pour récompenser ceux qui la fiattaient.
2. Le poste de Master of the Revels, que lui laissait espérer la reine, était important et lucratif, surtout depuis qu'il s’attachait à cette charge le privilège de censurer les pièces jouées sur les théâtres populaires.
3. La reine avait « stranghtened » ses promesses « with condicions that he should ayme all his courses att the Revells ».
Je ne puis accepter l'hypothèse qui a été émise, et selon laquelle Lyly aurait été « vice-master of Paul’s ». Il est tout à fait impossible qu’un homme, ayant le rang de serviteur royal, ait occupé dans une école une place aussi modeste. Cette hypothèse ne repose d’ailleurs que sur une phrase de Harvey, lequel, dans sa querelle avec Lyly, a dit de notre auteur : « He hath not played the Vicemaster of Poules, and the Foolemaster of the Theater for naughtes » (Works, II, 212). Mais cette phrase (le contexte le prouve) était une allusion malicieuse aux pièces que Lyly avait tournies aux « Children of Paul's » (le Vice étant un personnage fréquent dans les pièces de l’époque). Cf. le passage suivant, où Harvey reprend l’idée : « They (Lyly & Nash) haue the Stage at commaundement, & can furnish-out Vices, and Diuels at their pleasure » (p. 213). — On a aussi supposé que Lyly était Clerk Controller of the Revels et censeur de la presse pour l’évêque de Londres. Or, nous avons la liste complète de tous les officiers des Revels pendant le règne d'Elizabeth et Lyly ne figure pas sur cette liste (Feuillerat, Documents relating to the Office of
LOVE’S METAMORPHOSIS. MIDAS 197
Une occasion allait bientôt s'offrir à lui de reprendre le rôle d'historiographe dramatique qu'il avait assumé. Car les années qui précédèrent immédiatement 1588 furent pour l'Angleterre une époque féconde en émotions poliques. Depuis quelque temps on prévoyait une grande guerre avec l'Espagne, et l’on comprenait enfin que cette guerre allait décider du sort même de la nation. Les menaces de Philippe IT, les intrigues de ses ambassadeurs avaient exaspéré le patriotisme britannique, le plus ardent qui soit au monde. Tout d'abord, les succès des marins d'Elizabeth sur les mers lointaines entretinrent une confiante exultation, et l'on se prépara avec allégresse pour le Jour où l’on donnerait à l’arrogance espagnole la leçon qu'elle méritait. Mais à cette première période d’audace provocatrice succéda une période de vague malaise. Il fut bientôt évident que la lutte aurait son dénouement en Angleterre même. La nouvelle d’armements formidables — encore grossis par les vanteries espagnoles et l'imagination des voyageurs — arriva jusquà Londres. On s'aperçut alors que la marine était dans un état de délabrement inquiétant 1; et quand on songeait au petit nombre de vaisseaux que l’on pouvait opposer aux cent et quelques gros navires ? assemblés dans le port de La Corogne, on ne pouvait malgré tout s'empêcher de ressentir le frisson poignant de l'angoisse. En outre, les préparatifs de l’Armada se prolongeaient; la flotte attendue d'heure en heure n'apparaissait point à l'horizon; le péril, sans se dissiper,
the Revels, 56-65). Quant au Lyly qui donnait parfois l’imprimatur de l’évêque, c'était Peter Lyly, le frère de notre auteur (Dans les Stationers’ Registers, nous trouvons son nom en 1597, 1598 et 1600; deux fois, ce nom est accompagné du prénom Peter.