‹ John Lyly: Contribution à l'histoire de la Renaissance en AngleterreChapitre 95 sur 321 · La succession des scènes est la suivante · texte numérisé non relu

La succession des scènes est la suivante

Acte I. — Midas, après avoir consulté ses conseillers, Eristus, Martius et Mellacrites, demande à Bacchus de lui accorder le privilège de transformer en or tout ce qu'il touchera (scène i).

Scène comique entre Licio, page de Cælia (fille de Mellacrites), et Petulus, page de Mellacrites (scène ii).

Acte II. — Sophronia, fille de Midas, et la Cour s’entretiennent des résultats funestes du don accordé par Bacchus. Sophronia enjoint aux conseillers de se rendre au temple du dieu pour obtenir la révocation du don fatal (scène i).

Scène comique entre Licio, Petulus et Pipenetta, servante de Cælia. Meilacrites, Martius et Eristus obtiennent un oracle de Bacchus (scène ii).

Acte III. — Midas se repent de son ambition et de sa cruauté (scène i). Scène comique entre Licio, Petulus et Dello, l'apprenti du barbier royal (scène ii).

Sophronia et ses suivantes trompent les heures lentes par des passe-temps. Martius, Mellacrites, etc., viennent annoncer que Midas, en se baignant dans le Pactole, a pu se débarrasser de son dangereux privilège (scène iii).

Acte IV. — Lutte poétique entre Pan et Apollon. Midas préfère la musique de Pan; Apollon irrité lui infiige des oreilles d’âne (scène i).

Cinq bergers, Menalcas, Coryn, Celthus, Driapon et Amyntas, disent tout bas leur mépris de Midas (scène 2).

Scène comique entre Licio, Petulus, Minutius (un autre page) et un chasseur

(scène iii).

Midas est devenu taciturne; la Cour cherche la cause de ce changement. Des roseaux révèlent le secret : « Midas a des oreilles d'âne », chuchotent-ils (scène iv).

Acte V. — Midas promet la main de sa fille à celui qui expliquera pourquoi les roseaux ont parlé. Il essaiera de fléchir Apollon (scène i).

Scène comique entre Licio, Petulus, Pipenetta, Motto le barbier royal et Dello (scène ii).

Midas a obtenu un oracle d’Apollon. Il comprend qu'il doit renoncer à ses attaques contre Lesbos. Il promet d’obéir au dieu, et ses oreilles d'âne tombent aussitôt.

9, Ovide n’en parle pas. La fille de Philippe II était la fameuse Isabelle d'Autriche.

et qu'il l’a entouré de trois conseillers, Martius, Eristus et Mellacrites, dont les avis néfastes rappellent l'influence souvent regrettable qu'eurent sur Philippe les ducs d’Albe de Medina Sidonia et Ruy Gomez de Libra.

Il a surtout mis en relief l'ambition de Midas et sa cruauté. En de longues tirades, 1l a fait savourer à ses compatriotes le plaisir de fouiller impitoyablement les petitesses de l’homme qui avait épouvanté l'Europe entière. Ce sont d’abord ses propres sujets qui viennent témoigner de la haine et du mépris qui s'étaient accumulés contre lui jusque dans ses Etats. Cinq bergers, Menalcas, Coryn, Celthus, Dryapon et Amyntas, avec la prudence d'êtres qui ont accoutumé de courber la tête sous la tyrannie, sentretiennent à voix basse de l'ambition insatiable du roi de Phrygie

« Depuis que Midas », dit Dryapon, « est devenu assez malfaisant pour souiller de sang son diadème, lequel ne devrait resplendir que de pitié, et assez misérable pour faire de l'or son dieu, l'or qui semblait destiné à être son esclave, bien des paroles intelligibles se sont envolées au plein jour. Dans son propre pays, on ne se gêne pas pour l'appeler tyran, et ailleurs usurpateur. On dit positivement qu'il ronge les possessions des autres comme la mer ronge la terre, ne sachant pas qu’en avalant une pauvre île aussi grosse que Lesbos ?, il pourrait bien vomir trois territoires trois fois plus gros que la Phrygie, car ce que la mer gagne sur le marais elle le perd en sable 8 ».

1. Ce sont des commons (IV, ii, 54-58): « We poore commons (who tasting warre, are made to rellish nothing but taxes) can do nothing but grieue, to see things vnlawful practised, to obtein things impossible. All his mines doe but gilde his combe, to make it glister in the warres, and cut oures that are forced to follow him in his warres ».

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