CHAPITRE PREMIER
Renaissance de sa Muse. — 1902-1912
Ce ne fut qu'en 1902 que sa muse, emprisonnée depuis des années dans son chagrin, s’évada de sa cellule pour chanter, de nouveau, sur un ton plus riche, plus ample et d’une inspiration plus profonde qu'auparavant. Pendant ce long crépuscule qui venait de finir, période pendant laquelle l’alchimie de l’esprit du poète avait transformé le minerai de l'expérience en l’or de l'imagination et de la philosophie, parut le poème The Grave of my Songs. Dans ce poème, Payne fit allusion à sa belle Helen, dans des vers empreints de mé- Jancolie, et de désolation comme dans ce couplet :
« Love was my dayspring and my evenglow.
The sun that set my April blossoming.
That made my Summer carolful and lo!
My daystar set in darkness long ago ».
C'était un avant-goût de ce qui allait arriver. Payne mentionne dans son autobiographie, qu'il fut « pris tout à coup, au mois de janvier 1902, d'un accès de poésie... et pendant les six semaines qui suivirent, des vers jaillissaient sans cesse de moi, et le résultat fut en tout 4.000 vers, quelque trentesix poèmes, de longueur diverse ». Il dit que, dans cet accès, la seule partie consciente c'était le travail d’écrire ce qui lui était venu dans l'esprit. Comme dit Mr Wright, il est fort