‹ John PayneChapitre 17 sur 105 · LAIT · texte numérisé non relu

LAIT

Quant au style, je ne peux donc vous dire rien à propos de ma manière de travailler parce que, tout franchement, il n'y en a pas du tout, la correction, n’étant simplement qu'une question de fautes mécaniques de la plume qui résultent de la hâte furieuse avec laquelle le poème est mis par écrit ».

Ces vers de la dernière période diffèrent beaucoup de ceux de la première. Il ÿ avait un bel accent lyrique dans ces premiers poèmes, réunis dans Collected Poems, mais ils manquent de fondement profond et philosophique, et des pensées pénétrantes, dont Vigil and Vision, Carol and Cadence et The Way of îhe Winepress sont animés. L’hostilité de Payne contre une partie de la presse fut encore aiguisée par le refus de quelques éditeurs d’accepter Vigil and Vision.

Payne dans ses vers rendit hommage à Dante, Spenser, Keats, Schopenhauer, Mallarmé, Auguste Villiers de l’Isle- Adam, Banville, Nettleship et d’autres. Il adresse quelques sonnets à Wagner et à son musicien favori Liszt. À propos de ce dernier, il dit dans son autobiographie « Liszt surtout est mon compositeur, à raison de sa pureté d’exécution et son éclat interstellaire d'expression; il m’attire plus que n’importe quel autre maître ».

Mr H. H. Furness, le critique, n’était le seul qui classât Vigil and Vision bien haut parmi les efforts de Payne.

John Trivett Nettleship, peintre ami de Payne, trop grand désormais pour demeurer sous l'influence de Blake, était devenu un peintre de grand mérite tout à fait opposé aux conventions du temps où Landseer était l’idole du goût public. Il mourut en 1902. Payne, quoiqu'il ne le visitât guère depuis maintes années, avait des égards sincères pour lui, son ancien ami. Il dit à propos de lui :

« You loved me not; nay for your thought alone You loved, your wayward thought that would not out That mured you life long, in à mist of doubt

And died with you to blossom yet unblown

Yet I, I loved you as I loved my youth. »

La crise poétique suivante eut lieu au mois de janvier 1910, mais fut interrompue par une maladie que causèrent les ennuis de famille. Ce qui en résulta, parut avec quelques poèmes déjà publiés dans Collecled Poems sous le titre de Songs of Consolalion au mois de juin 1904. Un peu plus tard, parut un volume intitulé Hamid the Luckless. L’inspiration de la plupart de ces poésies se trouve dans lés Nuils et ils avaient déjà paru dans Flowers from Syrian Gardens excepté le poème Hamid the Luckless qui donne son titre au volume.

Au mois d'août 1903 survint un événement qui devait entraîner de sérieuses conséquences pour l’œuvre de Payne et aussi sur l’appréciation du public.

Mr Wright qui s’occupait en ce temps-là d’écrire le Life of Sir Richard Burion, pria Payne dans une lettre de lui accorder une« interview ». Celui-ci répondit, tout en regrettant de ne pouvoir accéder à sa prière, que sa vie consacrée au service du public ne fut récompensée que par l’ingratitude et les injures : son seul espoir était qu’on lui permit de vivre en paix dans la retraite jusqu'au bout de ses jours de martyre. Son biographe futur s’obstina et ne voulut pas accepter ce refus. Il lui écrivit une lettre pleine de sympathie qui le toucha. Avoir réussi à obtenir une « interview » fut vraiment un succès, surtout si l’on considère l’accablement de Payne, et le fait qu’il repoussait rigoureusement tout le monde, quelques amis intimes et quelques parents exceptés; mais pour être devenu alors, et être demeuré pendant le reste de sa vie, un de ses meilleurs amis, il a fallu une délicatesse extrême, un tact parfait et une belle volonté, qualités que Mr Wright possède à un très haut degré. Il a pu, peu à peu, faire fondre cette réserve glaciale dans ses relations avec le public, laquelle avait presque pétrifié la personnalité de John Payne, et la contagion de son enthousiasme pour le génie de Payne, la confiance que sut lui inspirer cet auteur heureux de biographies et de poésies. The Life of Edward Fitz

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