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CHAPITRE Il

Ses Traductions : Les Mille Nuits et une Nuit,

Omar Khayyam, Hafiz, etc.

Les romans merveilleux des Mille Nuits et une nuit, pleins du charme où l’amour s’abandonne, et enchâssés dans une mise en scène kaléidoscopique enchanteresse ne sont parvenus en Occident à aucune époque d’une façon intégrale. L'histoire du voyage des Mille Nuils el une Nuit est un roman lui-même. En 1704, Antoine Galland donna à ses compatriotes une version des contes arabes des Mille et une Nuits. Il avait connu ces contes pendant qu'il était à l’ambassade de France à Constantinople, et il traduisit, quand il devint professeur au Collège de France,le manuscrit rapporté de la Syrie. Galland fut essentiellement écrivain, doué d’un talent de conteur aisé;et à cette époque-là sa traduction en huit volumes reçut un accueil empressé et a conservé son mérite : même de nos jours elle reste la meilleure paraphrase. Comme preuve de sa popularité il suffit de dire qu’elle a été traduite en plusieurs langues. Ce style coulant et facile fait cependant sa faiblesse. Galland avec sa verve parisienne était trop porté à broder son texte; son imagination abondante excéda quelquefois les justes limites. Sa traduction fut cependant très bien reçue et devint fameuse jusqu'à ce que Caussin

de Perceval qui marcha sur ses pas fit imprimer un siècle -plus tard Les Mille el une Nuiïls en neuf volumes (contes arabes traduits par A. Galland et continués par Caussin de Per-

ceval).

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Des arabisants et des érudits ont remarqué que la traduction de Galland ne contient qu’un quart des récits des Mille nuils el une nuit, et que les quatorze derniers contes sont apocryphes. Caussin de Perceval a avoué n'avoir pu trouver aucun texte arabe de quelques-unes des histoires de Galland, notamment l’histoire d’Aladin et la lampe merveilleuse et celle d'Al Baba et les quarante voleurs.

Ce fut M. Zotenberg, qui découvrit en 1884, un manuscrit des Mille et une Nuits contenant le texte arabe original de ces contes, et justifia Galland du soupçon d’imposture. Von Hammer traduisit en français beaucoup d'histoires véritables qui n'avaient pas paru dans la version de Galland. Ces histoires furent traduites en allemand par M. Zinserling et la traduction de Hammer, qui avait été perdue, fut restituée quand M. Trébutien traduisit de nouveau la version de Zinserling en français. Les seules traductions anglaises jusqu’à cette époque furent des versions du texte de Galland.

Arrivèrent alors en 1839-40 les traductions de Mr E. W. Lane. Ce fut à cette époque que parut la version allemande Tausend und Eine Nacht de von G. Weil. Lane fut reconnu unanimement le meilleur arabisant de son temps. Il connaissait à fond la vie arabe et fut à même d'illustrer ses Nights d’un choix parfait d’anecdotes pertinentes, en sorte que Burton lui-même n’eût pu faire mieux. Cependant sa connaissance de l'arabe littéraire n’égalait point sa pratique de la langue familière et son recueil choisi des Mille et une Nuits est, d’après Payne, qui avait, lui, une connaissance approfondie de l’arabe littéraire, « rempli d’erreurs et de fautes de tous genres (dont j’ai remarqué, moi-même, dans une lecture, quelque quinze cents, et ce chiffre serait dépassé si l'on se livrait à un examen plus approfondi) qui ne furent pas corrigées par les éditeurs de la dernière édition (1877) de l’œuvre dont je parle’ ». Son autre volume Arabian Sociely in the Middle Ages fut proclamé par Burton un parfait «vade mecum » des Mille el une Nuits. TU faisait cependant

1, Omar Kheyyam, John Payn, introduction p. LIX.

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