LATTES
pour gagner ses moyens d'existence. Cela remplit d’amertume sa nature sensitive, et il avait coutume plus tard de juger son bon père un peu sévèrement.
Dans son autobiographie’ il dit : « Le résultat de ce traitement de mon père sévère et imprudent, complètement infructueux — à peine puis-je le dire — pour atteindre son principal objet (de broyer en moi le germe de la littérature) fut de m’inoculer ce que Senancourt appelle « l’habitude rêveuse d’une âme comprimée », de m'interdire toute confiance en moi-même, et de me jeter dans le monde, paquet de nerfs à nu, pour livrer seul un combat disproportionné ».
John Payne, âgé de treize ans, accompagna son père à Redcliffe Parade Bristol, où le beau-père de John Hawkins Payne, Mr William Rogers, avait obtenu, pour ce dernier, une saline comme fonds de commerce.
Bristol avec son histoire romantique de vieux port de mer, son fonds d'histoires de vieux corsaires, de boucaniers, de princes du commerce et d’aventuriers, était l’aimant qui attirait l'imagination de Payne, et c’est à son séjour à Bristol, qu’on doit un bon nombre de ballades excellentes.
Pendant que Swinburne rencontrait William Morris, Ruskin, Tennyson et d’autres célébrités littéraires, Payne fut obligé de faire l’expérience de commis tour à tour, chez un commissaire-priseur, Chez un carrossier et chez un architecte. Il devint, encore par une nouvelle expérience, commis dans le bureau d’un journal de Bristol et retourna ensuite à son ancien collège comme maître répétibeur. Cette dernière position lui répugnait fort.
Pendant son séjour à Bristol, Payne toujours ardent patriote, comme le montrent ses vers, s’engagea comme volontaire. Le général Grenville Byam qui épousa la sœur de Payne, Frances, remarqua son penchant pour la stratégie militaire, et louait son aptitude à cet art. Payne aimait beaucoup à causer du temps de sa jeunesse à Bristol, et de tous les souvenirs que cette vieille ville lui rappelait’. Pendant