Ibid., n
MT
el après avoir demandé à Payne s’il s’y opposait, il lui écrivit en août 1884 : « Je ferai du livre un parfait répertoire des connaissances de l'Orient dans la forme la plus ésotérique ». Burton admit la littéralité de la version de Payne, mais il existait entre eux sur ce point une profonde divergence de vues. ans une lettre du 1® octobre 18831 Burton dit : « Ge que je veux dire par la littéralité, c’est traduire mot à mot chaque substantif dans les longues énumérations qui paraissent si souvent, afin que l’amateur puisse employer la traduction. Je suis d'avis que les Mille et une Nuils sont au nombre des meilleurs livres et qu'un homme qui les a lues peut s'entendre facilement avec les Arabes partout ».
Payne, cependant, n’était pas de cet avis, et ne visant qu’à produire une œuvre classique au point de vue littéraire, il évita toute grossièreté, toute indécence. Sans faire violence au sens littéral, il s’employa toujours à adoucir dans la mesure où l’idiome anglo-saxon le lui permettait, tous les passages révoltants. Il repoussa toute allusion pornographique. toute ordure pour le plaisir de l’ordure. D’après lui, Burton éprouvait pour le genre graveleux une passion romantique?. Le mot d’un critique dans le Edinburgh Review’ vient ici à propos:« Il est probable qu'aucun Européen, s’il eût vécu un demi-siècleen Orient n'aurait pu amasser une telle quantité de coutumes malpropres, de statistiques de vices, que celle qui se trouve collectionnée dans la traduction des Mille el une Nuits par le capitaine Burton... les versions différentes ont chacune leur propre destin; celle de Galland est faite pour la chambre des enfants, celle de Lane pour la bibliothèque, celle de Payne pour le cabinet de travail et celle de Burton pour l’égoût ».
La traduction de Burton diffère de celle de Payne, en ce que Burton tint à reproduire dans la prose des Mille Nuils el une Nuil les « tintins » arabes. Lane a traduit en prose les